Postes ouest-africaines : En quête de financements innovants pour un nouveau souffle

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Les Postes des États de l’Afrique de l’Ouest sont en conclave dans notre capitale pour élaborer des stratégies communes permettant de faire face aux mutations imposées par la révolution numérique

Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les institutions, Porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré, a présidé hier la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur le financement des Projets postaux de la Conférence des Postes des États de l’Afrique de l’Ouest (CPEAO), qui se déroule du 20 au 21 août. A ses côtés, il y avait le PDG de la Poste du Mali, Ibrahim Haidara, le président de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des Postes, Cheick Sidi M. Nimaga. A noter aussi la présence de Louis-Blaise Aka Brou, secrétaire exécutif de la CPEAO.
Prenant la parole le premier, le PDG de la Poste a précisé que cet atelier, auquel participeront des délégués venus de 15 pays membres de la CPEAO, des régulateurs, des opérateurs publics ou privés, vise à promouvoir le secteur postal au profit des populations ouest-africaines. «Nous devons travailler très dur pour faire de l’atelier de Bamako un instrument de référence afin de permettre aux Postes de l’Afrique de l’Ouest de jouer pleinement leur rôle dans le développement social et économique de nos États», a-t-il recommandé.

Une vue des participants à la rencontre de Bamako

Par ailleurs, Ibrahim Haïdara a signalé que l’atelier sous-régional constitue une occasion pour les opérateurs postaux, de réfléchir sur le mécanisme de financement innovant permettant de renforcer les piliers qui soutiennent leur métier, notamment, la messagerie, les services financiers postaux et les services numériques.
Rappelons qu’en 2017, la Commission de la Cédéao a élaboré, en collaboration avec la CPEAO, un plan directeur des services postaux pour permettre au secteur postal de jouer efficacement son mandat.
Pour le président de l’AMRTP, le défi le plus important est à la fois, le financement de ce plan, et surtout la nécessaire solidité et durabilité des moyens techniques, organisationnels et humains à mobiliser pour sa réalisation.
Selon lui, les difficultés du secteur postal découlent de la restructuration des entreprises, imposée par la mondialisation de l’économie. «Cette exigence ayant sérieusement ébranlé le secteur, il se caractérise par une baisse de trafic du courrier tant au niveau national qu’international. La baisse des ressources financières générées est due au déséquilibre du courrier surtout dans les relations internationales. Le faible engagement de nos États en termes d’accompagnements financier. Le poids important de l’informel», a expliqué le président de l’AMRTP.

GUIDE DE FINANCEMENT – Cheick Sidi M. Nimaga ajoutera que depuis quelques années, les Postes sont entrées dans une nouvelle ère, à cause des mutations profondes qu’elles ont subies. «Le vent de la modernisation sous-tendue par l’avènement de la digitalisation des services fournis a soufflé sur ce qu’on pouvait appeler le symbole d’une administration classique.
Une administration de la communication physique entre d’une part les citoyens et les facteurs qu’on accueillait avec joie dans les cités ; d’autre part entre les citoyens et la Poste, où l’on vient chercher un mandat toujours aux premières heures de la journée», a-t-il décrit, avant d’ajouter que dans le nouvel environnement où les Postes se sont retrouvées, a fait évoluer les enjeux et les défis du secteur. Ce qui oblige les acteurs de la Poste à repenser de nouveaux paradigmes. Pour le président de l’AMRTP, il faut, pour ce faire, des projets structurants, mettre en place des organisations plus efficientes, faire des choix appropriés et pertinents, nouer des partenariats mieux élaborés pour des financements adéquats.
Louis-Blaise Aka Brou a annoncé que le 27è congrès de l’Union postale et universelle aura lieu en août 2020 à Abidjan, avec comme slogan «l’Afrique vous invite, la Côte-d’Ivoire vous accueille». Il a rappelé que c’est le deuxième du genre organisé par le continent depuis 1934. Lequel congrès sera sanctionné par un document final, dénommé la stratégie postale d’Abidjan.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les institutions, Porte-parole du gouvernement s’est réjoui de l’élaboration du plan directeur des services postaux par la Cédéao et la CPEAO. À ses yeux, cela permettra au secteur postal de pouvoir jouer pleinement et plus efficacement son mandat de fourniture de services postaux de base.
«Après l’étape de Bamako, dont les travaux devraient nous permettre à terme de disposer de cette structure virtuelle tant attendue au sein de la CPEAO, à même d’apporter aux États membres l’assistance nécessaire pour attirer le financement et les investissements des projets des services postaux, les deux étapes importantes à venir seront la préparation d’un guide de financement des projets recensant les exigences des différents bailleurs de fonds accessibles pour les Projets postaux, la préparation de kits de projets à proposer aux bailleurs de fonds, la promotion des initiatives communes régionales pour la mutualisation des projets postaux», a-t-il informé, avant d’inviter les participants à tirer le meilleur profit des débats et des échanges à cet atelier.
En outre, Yaya Sangaré a signalé que cette rencontre devra aussi permettre d’identifier de grands Projets postaux, en cette ère de révolution du numérique, en vue de parfaire le mécanisme des stratégies nationales au niveau des pays membres de la CPEAO.

Lassana NASSOKO

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