Production cotonnière : La CMDT prévoit près de 700.000 tonnes pour la campagne 2019/2020

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Le géant de l’or blanc compte atteindre cet objectif notamment grâce à la hausse du prix du coton graine qui passe de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg. 

Toute la famille de « l’or blanc » s’est retrouvée les 11 et 12 décembre derniers à Koutiala. C’était pour faire le bilan de la campagne 2018/2019 et préparer celle de 2019/2020 de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT).

La rencontre était placée sous la présidence du président directeur général (PDG) de la CMDT, Pr Baba Berthé. Elle s’est déroulée en présence de la directrice générale adjointe de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), Mme Diallo Mah Koné, et du président intérimaire de la Confédération des sociétés coopératives de producteurs de coton (CSCPC), Djiguiba Ampha Coulibaly. À l’ouverture des travaux, le Pr Baba Berthé a souhaité la bienvenue aux participants dans « la Capitale du coton », pour cette traditionnelle réunion, dont l’objectif était de faire l’analyse critique des réalisations de la campagne 2018/2019 et les perspectives de la campagne 2019/2020. La directrice adjointe de l’OHVN a, pour sa part, félicité les producteurs de coton pour les résultats obtenus cette année.

Mme Diallo Mah Koné a ensuite remercié les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs, avant d’exhorter les participants à examiner minutieusement les documents qui leur sont soumis, afin de proposer des recommandations et résolutions permettant à l’OHVN et à la CMDT d’atteindre leurs objectifs. Le président intérimaire de la CSCPC a aussi remercié la CMDT et les autorités pour le paiement des subventions dont ont bénéficié les producteurs. « Pour cette campagne, les stocks ont été vendus et les ristournes perçues par les productions », s’est réjoui Djiguiba Ampha Coulibaly.

Il a, cependant, déploré la baisse du rendement par rapport aux autres années à cause d’une pluviométrie contrastée. La centaine de participants, parmi lesquels, des chefs de services et cadres de la CMDT et de l’OHVN, des représentants des organisations des producteurs agricoles, ont exposé et échangé durant cette réunion. Il ressort de ces échanges que la campagne agricole 2018/2019 a démarré dans un contexte socio-économique favorable. Le coût total des investissements de la CMDT s’est élevé à 309 milliards de Fcfa.

Les achats ont porté sur 656.531 tonnes de coton, dont 25.195 tonnes de la zone OHVN, sur un objectif de 700.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 94%. Les aléas climatiques au début et à la fin de la campagne sont à la base du gap dans la réalisation de l’objectif fixé. Les filiales Nord-Est (87%) et de la Division de Sikasso (86%) n’ont pas atteint les prévisions. Quant à la Division de Bougouni et les Filiales Centre et Ouest, elles ont réalisé leurs prévisions.

2,4 MILLIONS DE TONNES DE CÉRÉALES

La partie industrielle a assuré le transport et a promis l’égrenage de toute la production avant fin avril. Concernant les céréales sèches, 2,4 millions de tonnes ont été produites, soit une disponibilité par habitant de 466 kg. Ce taux a couvert les besoins céréaliers des populations de la zone CMDT et dégagé un excédent commercialisable.

À noter que pour cette campagne, le prix du coton graine de premier choix est passé de 250 Fcfa/kg à 255 Fcfa/kg. La subvention de l’État s’est élevée à 27,77 milliards de Fcfa pour l’achat des engrais coton et maïs utilisés par les producteurs. Après le bilan de la campagne écoulée, les participants se sont penchés sur les préparatifs de la campagne 2019/2020.

Le prix du coton graine connaîtra une augmentation de 20 Fcfa, passant à 275 Fcfa/kg pour le premier choix. Et le paiement des producteurs se fera avant fin avril prochain. Pour ce qui concerne les superficies à emblaver, il est prévu 738.193 hectares, dont 28.826 hectares pour la zone OHVN. La production de coton attendue est de 691.300 tonnes, dont 26.000 tonnes pour la zone OHVN. Cette prévision est supérieure à celui de 2018/2019 et elle sera la deuxième plus grande après celle de 2017/2018 qui était de 728.600 tonnes.

Du côté de la production céréalière, il est prévu 2,4 millions de tonnes dont 1,4 million de tonnes de maïs. Le Pr Baba Berthé a encouragé les acteurs du secteur tout en rappelant que la production cotonnière était un domaine sur lequel on peut se réjouir d’un résultat sans en être satisfait.  « Nous avons un potentiel qui permet d’aller au-delà de ce niveau de production. Mais, il reste des contraintes, au nombre desquelles, l’outil industriel qui est complètement obsolète et dépassé. La production agricole doit aller de pair avec l’amélioration de l’outil industriel, c’est-à-dire le système d’égrenage », a fait remarquer le PDG de la CMDT qui a insisté sur le besoin de sécuriser les semences, celui de rendre disponibles les intrants, le renforcement de la formation et l’encadrement des producteurs et enfin le renforcement du dispositif de lutte contre les incendies.

Mohamed TOURÉ

L’INTERPROFESSION FAIT ENTENDRE SES PRÉOCCUPATIONS

Dans la foulée de la rencontre annuelle des acteurs et intervenants du secteur cotonnier, s’est tenue à Koutiala, le 12 décembre, l’assemblée générale de l’Interprofession coton du Mali (IPC). L’événement était placé sous la présidence de Pr Baba Berthé, président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT), qui est également le vice-président de l’IPC.

Cette organisation regroupant la CMDT et les producteurs de coton a pour objectif de créer un cadre d’échanges autour de la filière coton. Émettre des réflexions et des propositions sur les bilans de commercialisation 2018/2019 et la préparation de la commercialisation de 2019/2020 étaient les points inscrits à l’ordre du jour de la rencontre. Au cours cette réunion statutaire, les cadres de la CMDT et les représentants des producteurs ont longuement échangé sur plusieurs problématiques liées à la chaîne de production cotonnière.

Les producteurs ont, de leur côté, émis des recommandations concernant, particulièrement, l’amélioration des unités industrielles, le soutien aux producteurs du coton équitable et bio-équitable, ou encore l’analyse des sols afin de proposer des formules d’engrais par zone. En outre, ils ont aussi pris des dispositions, notamment la bonne récolte et le stockage du coton graine dans les magasins et le nettoyage des aires de pesée. Tjigniougo Adama Sangaré, secrétaire exécutif de l’IPC, a indiqué que cette assemblée a permis aux producteurs d’aborder certaines préoccupations.

« Les producteurs ont demandé à la CMDT la modernisation des usines pour une amélioration de la qualité de la production. La problématique de l’écart de qualité du coton villageois et celui industriel a aussi été débattue », a confié le secrétaire exécutif de l’IPC. Aux termes des travaux, le PDG de la CMDT a estimé que les rencontres avaient atteint leurs objectifs. En effet, pendant ces deux jours, les acteurs de la filière coton ont abordé diverses problématiques. « Nous avons échangé sur des questions comme la baisse des rendements, la problématique des écarts du classement de qualité du coton au niveau des commissions mixtes villageoises et celui de l’équipe industrielle, la baisse des cours mondiaux et la question de la subvention des intrants  », a conclu le Pr Baba Berthé.

M. T.

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