Produire des légumes cent pour cent « bio » : LE CHEVAL DE BATAILLE D’ADAME SOULEYMANE DIAKITÉ

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Elle apporte sa contribution à l’amélioration de la santé des Maliens en proposant des produits maraîchers et du jus « cent pour cent bio »

Adame Souleymane Diakité se bat pour l’autonomisation féminine. Elle creuse son sillon en captant les chances offertes par l’agriculture malienne. Elle n’avait que 23 ans, en 2017, lorsqu’elle procéda au lancement officiel de son unité de production, « la Maison A.A ». Les initiales « AA » sont tirées du prénom d’Adame et de celui de sa mère Abby.
Le rêve de l’ambitieuse fille est de réussir d’ici 2025 à faire figurer son entreprise dans le gotha des plus grandes unités de production de produits maraichers « cent pour cent bio » au Mali. Elle est née le 2 mai 1994 à Riyadh en Arabie Saoudite d’un père Inspecteur du Trésor et d’une mère commerçante.
Cette visionnaire est motivée par une volonté ferme de devenir « patron d’entreprise », et de participer à la lutte contre le chômage.
« La Maison AA » se dévoue en premier lieu à la promotion des produits culturels du Mali. Elle a été très secouée en découvrant la faible surface occupée sur le marché par la culture africaine et celle du Mali en particulier. L’entreprise « AA » met l’accent sur les valeurs sociétales africaines et maliennes en valorisant les tenues vestimentaires. A travers « la Maison AA », Adame s’attèle en second lieu à promouvoir les produits alimentaires « cent pour cent bio ». Elle propose à ses clients une alimentation naturelle. Selon Adame, nos habitudes alimentaires nuisent sérieusement à la santé et détruisent des vies, parce qu’elles sont basées sur l’utilisation excessive de produits chimiques, de consommation de graisse et des aliments transformés.
Les mauvaises huiles, les mauvaises combinaisons alimentaires sont dangereuses aussi. Elles entraînent de graves conséquences sur la santé et le bien-être des personnes et représentent un facteur d’aggravation de certaines maladies, notamment le diabète, l’infertilité, la constipation, l’hypertension artérielle, les pathologies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), voire une mort précipitée .
Celle qui est pétrie de la baraka de sa mère, est troisième enfant d’une fratrie de cinq enfants. Avec acharnement, elle apporte sa contribution à l’amélioration de la santé des Maliens en leur offrant des produits « cent pour cent bio ».
Pour ce faire, notre entrepreneuse exploite des terrains vides à l’ACI 2000, où elle fait le maraîchage bio de plusieurs légumes : salade, céleri, tomate, persil, fraise et aubergine.
Paradoxalement, Adame qui est obsédée de produire des légumes « bio » est détentrice d’une licence en finance et comptabilité : Actuellement, elle s’est lancée dans la transformation de ses produits « bio ». Elle nous parle de cette expérience : « Je fabrique du jus de quinquéliba. Pourquoi le quinquéliba ? Cette plante recèle plusieurs vertus pour entretenir la bonne santé. J’ai été inspirée par une ancienne recette de ma grand-mère. J’ai apporté une touche particulière pour que le jus soit consommable durant toute l’année dans nos mariages et nos baptêmes . Dans un futur proche, la jeune dame projette d’aménager un espace à Baguinéda afin d’aller au bout de ses ambitions. En effet, Adame a vraiment fait preuve d’audace.
Les débuts n’ont pas été faciles pour mobiliser les fonds nécessaires pour entreprendre ses activités. Elle a confié que  c’est après le lancement officiel de son entreprise qu’elle a reçu une aide venant du parrain de l’Association des jeunes entrepreneurs du Mali (AJEM) et d’autres personnes de bonne volonté. « J’ai débuté la production des  jus bio grâce au soutien de mon père. J’ai économisé l’argent de poche qu’il me donnait pour acheter quelques matériels « .
La femme entrepreneuse se plaint des difficultés d’obtenir le financement. Elle peine à se procurer des « semences bio » et est confrontée à des problèmes de distribution des produits « bio ». Les clients sont rares estimant que les produits « bio » sont chers. « J’ai plus de clients pour placer les produits maraîchers, par rapport aux jus » . Lors de notre entretien, Adame évoque un gros problème relatif à la certification de son produit.
Notre jeune dame a révélé qu’elle a essayé de certifier en vain son « jus bio ». Malgré tout, elle est déterminée à ne pas jeter pas l’éponge.
Le sens développé des affaires a transformé Adame en une «  touche à tout ». Elle évolue également dans l’évènementiel en s’occupant d’organiser des cérémonies de mariage, de baptêmes, de fiançailles, des séminaires, des défilés de mode , des fêtes d’entreprises, des anniversaires de mariage. Elle confectionne également des tee-shirts, des casquettes, des logos, des cartes d’invitation. Elle restaure avec des produits « bio » .
L’étudiante en Master 2 Gestion des ressources humaines (GRH) est la présidente et fondatrice de l’Association des jeunes entrepreneurs du Mali. Ce regroupement se bat pour la promotion de projets de développement axés sur la création d’entreprises privées. Elle élabore des stratégies pour aider les Maliens de la diaspora à investir au pays. Le mari d’Adame Souleymane la soutient et l’encourage.
Il estime que le succès des projets fera le bonheur de tout le monde. Il espère qu’elle bénéficiera de l’appui de partenaires financiers pour rendre disponibles les produits « bio » pendant les 12 mois de l’année, sans rupture de stock.
La dynamique Adame Souleymane rappelle que le Mali offre de vastes terres adaptées à l’agriculture moderne. Elle invite les jeunes à se lancer dans l’entreprenariat particulièrement dans le secteur agricole. Le développement durable et l’émergence de notre pays sur le marché mondial, seront l’œuvre du secteur privé malien.

Aminata Dindi
SISSOKO

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