Promotion de l’entrepreneuriat jeune et féminin : LE SALON DES OPPORTUNITÉS

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Le président de la République visitant les stands des exposants

La rencontre de cinq jours offrira l’opportunité aux porteurs de projets de profiter des appuis-conseils sur la création d’entreprise et la formulation de requêtes de financement. Ils bénéficieront aussi de l’accompagnement des incubateurs et des institutions de financement

«Une semaine pour construire l’entrepreneuriat jeune et féminin.» C’est le thème retenu pour la première édition du Salon de l’entrepreneuriat jeune des petites et moyennes entreprises (PME). Les travaux d’ouverture de cet événement ont été présidés par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, hier au CICB.
Le chef de l’Etat a saisi l’occasion pour réitérer à l’endroit de la jeunesse sa volonté de relancer l’économie du pays malgré les conditions difficiles auxquelles ce secteur est confronté. «Dans ce monde de compétitivité, seule l’intelligence fera aller de l’avant. Vous n’êtes pas un peuple mendiant. Nous fûmes dans l’histoire», a-t-il rappelé avec insistance.
Le Salon de l’entrepreneuriat jeune des petites et moyennes entreprises ; qui durera cinq jours est organisé par le ministère de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et Moyennes entreprises et de l’Entreprenariat national. Prenant la parole, la ministre Safia Boly a souligné que le Salon offrira l’opportunité aux porteurs de projets d’entreprise de profiter des appuis-conseils sur la création d’entreprise et sur la formulation de requêtes de financement, ainsi que l’accompagnement d’incubateurs et d’institutions de financement et de structures de microfinance. «Le Salon couvrira trois grands axes. Un axe de renforcement du cadre institutionnel pour améliorer la réflexion sur le climat des affaires et la problématique des PME. Un axe d’accompagnement direct aux futurs entrepreneurs avec des services.
Un axe de renforcement des capacités avec des formations dispensées gratuitement aux porteurs de projets et aux futurs entrepreneurs», a-t-elle expliqué, avant d’ajouter que la semaine sera marquée aussi par la diffusion des témoignages sur quelques personnalités issues du monde des affaires. A ce propos, la ministre Boly a estimé que cela pourra créer l’émulation chez les jeunes qui pourront s’inspirer de ces modèles de réussite.
Par ailleurs, elle a promis d’aider à trouver des solutions pour la promotion de la culture entrepreneuriale. Parlant des reformes menées afin d’améliorer le climat des affaires et rendre l’entrepreneuriat malien plus accessible, Mme Safia Boly a annoncé la relecture du code des investissements, l’élaboration d’une charte nationale des PME, la mise en œuvre de programmes d’appui des PME et l’opérationnalisation de la direction nationale des PME.

DES SIGNAUX – A sa suite, Mamadou Sinsy Coulibaly, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), a pris la parole pour souligner que ces dernières années, les autorités ont montré des signaux à l’endroit du secteur privé à travers l’élaboration de la loi d’orientation du secteur privé, de la politique nationale de promotion des investissements, de la loi d’orientation agricole, de la loi portant règlementation des systèmes financiers décentralisés.
Il a cité aussi la création du Conseil supérieur du secteur privé, la création d’une Unité de partenariat public-privé. Malgré toutes ces initiatives, il existe des entraves au développement de l’entreprenariat comme la corruption ou encore les dysfonctionnements de la justice, a déploré le patron des patrons maliens.
Concernant le système de financement, Mamadou Sinsy Coulibaly a préconisé des mécanismes innovants et adaptés aux besoins des entreprises. Car, a-t-il fait remarquer, avec les mutations économiques, nous ne pouvons plus rester dans l’approche classique de financement des PME. Les structures de financement doivent s’adapter aux besoins réels des entreprises. Pour lui, le numérique prend de la place dans les activités des entreprises.
Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily, a félicité le président Keïta pour avoir dédié un département à l’investissement privé et aux petites et moyennes entreprises, à l’entrepreneuriat national. Concernant le problème du financement qui revient dans tous les propos, le président de la Chambre de commerce d’industrie du Mali a proposé comme solution la création d’une banque islamique en plus des banques existantes. La particularité de cet établissement financier réside dans le financement alternatif et le partage des risques. «Le taux de pénétration de la finance islamique reste faible avec 1% seulement. Elle est à un stade embryonnaire», a-t-il souligné. Quant à la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane, elle a rappelé que l’économie malienne est affectée par une crise qui perdure depuis 2012. Conséquence : le Mali se classe 145è sur 190 dans le dernier rapport du Doing business de la Banque mondiale.
« La plupart des profils issus du système éducatif ne sont pas en adéquation avec les besoins du marché de l’emploi. D’où les difficultés d’accès à l’emploi pour de nombreux jeunes formés », a analysé Soukeyna Kane qui a ajouté que le Mali dispose d’un potentiel d’accélération de son développement dans divers domaines tels que l’agro-industrie, la transformation agricole, l’élevage, les transports, l’artisanat, la mode, l’énergie. Il faudra donc conjuguer les efforts pour valoriser ces secteurs qui peuvent être créateurs d’emplois et de richesses.

Lassana Nassoko

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