Promotion des droits civils et politiques à Koulikoro : LE COMBAT DE L’AMAPROS

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L’effritement de valeurs comme la citoyenneté, le patriotisme et l’intégrité, est en partie responsable de la grave crise qui secoue notre pays depuis quelques années. La rupture entre le citoyen et l’Etat est inquiétante. Autres constats implacables : le mal éprouvé par l’Etat à exercer son autorité et ses décisions sur les citoyens et à faire respecter les règles établies qui sont malheureusement foulées au pied par certains compatriotes. Il est clair que beaucoup de Maliens connaissent peu ou prou les symboles et les institutions de la République. Tout comme ils ignorent les textes régissant la vie publique, les droits et devoirs du citoyen. Beaucoup de gens ignorent les textes rélatifs à la gestion des affaires publiques, les violences basées sur le genre, la marginalisation de couches vulnérable de la société, notamment les femmes, les jeunes et les handicapés.
Après les recherches et investigations menées dans plusieurs localités du pays, l’ONG AMAPROS (Association malienne pour la promotion du Sahel), qui œuvre depuis une vingtaine d’années dans la protection des droits humains, a tiré ces différentes conclusions. Pour apporter son concours à la résolution de ces constats préoccupants, le Programme d’appui à l’éducation civique et politique des populations de six Cercles des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou (PAECP) a été initié par la Délégation de l’Union européenne (UE) dans notre pays. La cérémonie de lancement dudit programme était présidée, mercredi dernier au Conseil régional de Koulikoro, par le préfet adjoint, Hassane Djibrilla Maïga. On notait également la présence du président de AMAPROS, Salikou Ouattara, du représentant du partenaire suédois DIAKONIA, Nicola Sidibé et nombre d’invités.
Le Programme d’appui à l’éducation civique et politique des populations de six Cercles des Régions mentionnées s’inscrit dans le cadre de l’appel à propositions lancé par la Délégation de l’UE dans notre pays, en lien avec l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH). Il est relatif à la promotion des droits de l’homme, de l’Etat de droit et du renforcement du processus démocratique. L’objectif général de ce programme est de contribuer à la promotion et au respect des droits civils et politiques dans les cercles concernés par le projet, à travers la sensibilisation, la formation des acteurs et des groupes cibles et le plaidoyer auprès des décideurs, a précisé Salikou Ouattara.
Par ailleurs, il a expliqué que le programme vise, entre autres objectifs spécifiques, à améliorer l’enseignement de l’éducation civique dans 60 écoles ciblées par le programme. Il entend aussi amener les autorités traditionnelles, société civile et élus à s’inscrire dans une synergie d’action et exercer un contrôle citoyen sur la gestion des ressources locales, gage d’une bonne contribution au développement local.
La durée du programme est de 24 mois. Son coût global est estimé à un peu plus de 311 millions de Fcfa sur financement de la Délégation de l’UE à hauteur de 95%. AMAPROS aussi a mis la main à la poche en apportant 5% du budget. «Le PAECP vient ainsi renforcer les acquis à travers les activités comme la production et diffusion de sketches et microprogrammes, formation des membres des conseils de villages et quartiers. Il y a aussi l’organisation de concours sur la citoyenneté entre élèves des écoles cibles du projet. Des réponses ont été apportées à des questions par les experts. Le préfet adjoint soutient que les objectifs du projet vont dans le sens des efforts du ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne. Ce département ne cesse d’informer et sensibiliser les populations sur leurs droits civils et politiques.
Il a encouragé les différentes organisations de la société civile à s’engager davantage afin de rassurer les populations sur l’effectivité de la promotion des droits civils et politiques.
Amadou MAÏGA
Amap-Koulikoro

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