Région de Kayes : L’IMRAP et interpeace promeuvent une police de proximité

0
87

La confiance entre les populations et les forces de défense et de sécurité doit se renforcer

La salle de conférence du Conseil de Cercle de Kayes a abrité du 24 au 25 septembre 2020 une table ronde sur «la police de proximité dans la Région de Kayes». Organisée par l’Institut malien de recherche-action pour la paix (IMRAP) et Interpeace, avec le soutien financier du Canada, cette table ronde a enregistré de la présence de plusieurs catégories d’acteurs de la région : les Forces de défense et de sécurité, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses, les collectivités, les communicateurs traditionnels, les syndicats de transporteurs et de commerçants.

Il s’agissait, pour l’IMRAP et Interpeace, de créer un espace de dialogue participatif et inclusif autour des problèmes de sécurité, ainsi que les difficultés, les attentes et les perspectives concernant la collaboration entre les Forces de défense et de sécurité d’une part, et entre ces dernières et les populations, d’autre part.

Le choix de Kayes pour cette première table ronde n’est qu’une reconnaissance de fait, selon Alassane Niambélé, directeur exécutif de l’IMRAP. Il a souligné que c’est Kayes qui a été la première région à offrir l’opportunité à l’IMRAP/Interpeace de travailler sur les questions de renforcement de la confiance entre FDS et populations civiles.

«Au moment où des réticences s’affichaient ouvertement contre la collaboration entre civils et militaires, ce sont les autorités de Kayes qui nous ont ouvert leurs portes faisant ainsi de la région une référence en matière de collaboration entre Forces de défense et de sécurité et populations», a-t-il expliqué.
Depuis 2013, l’IMRAP a toujours travaillé sur les perspectives de renforcement de la confiance entre les Forces de défense et de sécurité et les populations.

«Que ce soit à Gao, Tombouctou où nous avons tenté de renouer le fil du dialogue entre les populations et le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), à Mopti ou encore à Nampala, l’IMRAP, fidèle à ses idéaux de paix et de renouvellement du vivre-ensemble, œuvre inlassablement au rétablissement des conditions de la cohésion sociale et de la réconciliation», a souligné son directeur exécutif. Les équipes de l’IMRAP/Interpeace, sans se considérer comme spécialistes du domaine, se disent convaincues que la sécurisation des populations et de leurs biens passe nécessairement par leur implication dans la production des initiatives.

C’est cette implication des populations dans les prises de décisions sécuritaires qui est appelée «police de proximité», selon le directeur Alassane Niambélé. La crise politique et sécuritaire de 2012 a mis en évidence les préoccupations des Maliennes et des Maliens en matière de défense et de sécurité.

Depuis cette date, les populations ont considéré l’insécurité chronique comme l’un des obstacles majeurs à la paix. C’est ainsi que l’IMRAP et Interpeace ont, sur recommandation des participants à une première conférence nationale tenue en janvier 2015, décidé de consolider la confiance entre les Forces de défense et de sécurité et les populations.

Le directeur exécutif a rappelé qu’au fil des différents processus de recherche, l’IMRAP a fait le constat d’une méfiance structurelle entre porteurs d’uniformes et populations civiles. Or, tout le monde est unanime sur le fait que la sécurité ne peut être obtenue de manière durable qu’à travers une collaboration franche et effective entre civils et Forces de défense et de sécurité.

Le substitut du procureur de la République, près le Tribunal de grande instance de Kayes, Lamine Tounkara et le commissaire adjoint du Commissariat de police du 1er arrondissement, Yoro Sidibé, ont tous apprécié cette table ronde, qui a permis aux participants de se rencontrer et d’échanger sur les pistes susceptibles de parvenir à une collaboration durable entre Forces de défense et de sécurité et populations. En outre, ils ont insisté sur la nécessité, pour les acteurs de la chaîne pénale, de se concerter et d’œuvrer ensemble avec les populations civiles pour lutter contre les phénomènes qui menacent le développement de la Région de Kayes, notamment les attaques sporadiques commises par des groupes armés.

Bandé Moussa SISSOKO
Amap-Kayes

Laisser une réponse