Réhabilitation du Patrimoine culturel de Bandiagara : L’Unesco s’engage

0
327

Les communautés entretiennent une relation très étroite avec leur environnement

L’organisation onusienne et son partenaire financier se mobilisent pour sauvegarder le patrimoine architectural endommagé et soutenir les communautés touchées par le conflit

L’UNESCO soutiendra la cohésion sociale et la résilience des communautés souffrant d’années de conflit armé dans le Centre du Mali dans le cadre d’un nouveau projet majeur, rendu possible grâce à un financement d’un million de dollars US, environ 550 millions de Fcfa de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH).
Le projet apportera un soutien essentiel à la réhabilitation du bien du patrimoine mondial « Falaise de Bandiagara (pays Dogon) », qui abrite 289 villages répartis sur 400.000 hectares dans la Région de Mopti.

« La culture n’est pas seulement trop souvent victime de conflits armés prolongés, elle est aussi une source essentielle de résilience et un fondement important pour la construction de la paix » a déclaré la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay. à travers ce nouveau projet, en collaboration avec les autorités, et financé par l’ALIPH, nous visons à placer la culture au cœur des efforts pour soutenir les communautés qui font de cette région leur foyer.

Ce projet de trois ans à Bandiagara vise à réhabiliter le patrimoine architectural endommagé, notamment les logements, les greniers et les sites consacrés à la culture traditionnelle, ainsi qu’à rétablir la production d’objets culturels et la sauvegarde des objets de cérémonies dans une collection commémorative.

De par la réhabilitation et la sauvegarde des pratiques culturelles de la région, le projet contribuera à renforcer le tissu social et la paix entre les communautés du pays Dogon. Les activités génératrices de revenus pour les femmes, sont au cœur de ce projet, qui vise à promouvoir la réconciliation entre les communautés et à favoriser la protection du patrimoine dans le contexte difficile de la pandémie de la Covid-19.

En 2012, le Mali est devenu l’épicentre d’une crise politique et de sécurité de grande ampleur, provoquée par l’arrivée de groupes armés dans les régions du Nord et du Centre du pays. Outre le fait de causer des victimes civiles et de créer de l’insécurité, la crise a provoqué la destruction totale ou partielle de près de 30 villages, dont la moitié est située dans les limites du bien du patrimoine mondial de la Falaise de Bandiagara (pays Dogon).

La destruction des villages a entraîné soit des dommages importants, soit la perte de nombreux bâtiments traditionnels et d’objets culturels, ainsi que la détérioration des pratiques et des traditions culturelles des Dogon, Peul, Bozo, Bambara et Sonrhaï. La disparition progressive de pratiques culturelles telles que les rituels funéraires traditionnels et les danses masquées, ainsi que les festivités du Yaaral et du Degal, ont alimenté les conflits intercommunautaires.

«ALIPH a été créée en 2017, en partie en réponse à la destruction du patrimoine culturel du Mali», a déclaré le Dr Thomas S. Kaplan, président d’ALIPH. «Notre partenariat avec l’UNESCO et les autorités constitue un plan concret et ambitieux pour sauver les trésors du patrimoine culturel qui ont été mis en danger par le conflit. Cet effort conjoint se détermine par une conviction collective que le patrimoine culturel joue un rôle essentiel dans la construction de la cohésion sociale et, finalement, de la paix», a souligné Dr Thomas S. Kaplan.

Les experts de l’UNESCO travailleront en étroite collaboration avec une équipe d’experts du ministère de la Culture, de la direction nationale du patrimoine culturel (DNPC), de la Mission culturelle de Bandiagara (BCM) et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), ainsi qu’avec les communautés locales. L’intervention à Bandiagara s’appuie sur les initiatives de réhabilitation de l’UNESCO au Mali, actives depuis 2012, et sur le travail d’évaluation et de médiation effectué en 2019 pour donner suite à la spirale de violence intercommunautaire à Bandiagara.

La Falaise de Bandiagara est un vaste paysage culturel couvrant 400.000 hectares dispersés dans trois régions naturelles : le plateau de grès, l’escarpement, et les plaines. Les communautés entretiennent une relation très étroite avec leur environnement, qui s’exprime par des rituels et des traditions sacrés. Le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1989.
à noter l’UNESCO collabore déjà avec ALIPH dans notre pays pour la réhabilitation du Tombeau des Askia à Gao.

Un autre monument qui subit les effets de la crise sécuritaire que traverse notre pays. En effet, le site du Tombeau des Askia, construit en terre en 1495 par l’empereur songhoy Askia Mohamed, comprend un tombeau pyramidal et une mosquée. Celle-ci, l’une des plus grandes de la ville, est encore utilisée par les habitants. Le site ne présente pas de signe flagrant de dégradation, mais le risque est structurel.

Source
Site UNESCO

Laisser une réponse