Réhabilitation du patrimoine culturel : La phase II en cours d’exécution

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Le comité de pilotage du projet de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine au Mali s’est de nouveau réuni, jeudi dernier, au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme pour relancer le programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali. Le programme est financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Unesco, en partenariat avec le ministère en charge de la Culture.

L’événement était présidé par la ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Kadiatou Konaré, en présence de l’ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne (UE), Bart Ouvry et du représentant de l’Unesco au Mali, Edmond Moukala. L’objectif principal de ce programme est d’appuyer le gouvernement dans la sauvegarde et la promotion culturelle, y compris des manuscrits anciens du pays. Cette vision se décline en plusieurs composantes, notamment la réhabilitation du patrimoine et la pérennisation des travaux des sites reconstruits, la sauvegarde durable et la valorisation des manuscrits anciens, le renforcement des capacités des acteurs culturels singulièrement des jeunes, mais aussi la valorisation et la diffusion du patrimoine culturel.

Les turbulences enregistrées dans notre pays en 2012 avec comme corollaire l’occupation du pays, notamment les régions septentrionales par des groupes armés a eu des conséquences fâcheuses sur le patrimoine culturel, mais aussi sur les pratiques et expressions culturelles du Mali. La ville de Tombouctou a été particulièrement touchée avec la destruction de 14 mausolées parmi les 16 inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Dans la ville des 333 saints, des monuments comme celui de l’Indépendance à l’effigie d’El Farouk, la Porte de la mosquée de Sidi Yahia, ont a été détruits.

Il faut aussi préciser que 4.203 manuscrits anciens de l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba de Tombouctou ont été aussi brûlés. Mais l’engagement de la communauté locale pour la sauvegarde de leur identité, a permis d’exfiltrer 377.000 autres manuscrits vers le Sud du pays. Suite à la destruction de ces patrimoines, des milliers de partenaires se sont mobilisés en 2013 pour sauver les biens culturels.

C’est ainsi que la première étape s’est déroulée entre 2013 et 2017. La seconde phase a été lancée en mars 2017 et se poursuit jusqu’en 2021. Et c’est dans cette dynamique que l’UE s’est engagée à accompagner notre pays à travers des appuis financiers successivement dans les différentes phases de la mise en œuvre dudit programme avec une enveloppe de 325 millions de Fcfa. Cette phase a pour objectifs de pérenniser et de consolider les résultats préliminaires du programme de réhabilitation. «Je voudrai rassurer sur ma totale disponibilité à relever les défis et combler les attentes du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, Phase II », a soutenu Mme Kadiatou Konaré. Selon elle, la crise de 2012 a plongé notre pays dans une situation politique, sociale, institutionnelle, sécuritaire et économique sans précédent.

Le patrimoine culturel national et mondial a été fortement touché dans ses différentes composantes. Les valeurs sociétales telles que la cohésion sociale, le vivre ensemble, gage de paix et de développement ont été ébranlées. Elle a également salué l’action de la Minusma et la résolution 2100 des Nations unies, en faveur de la protection des sites culturels et historiques contre les différentes attaques terroristes.

Bart Ouvry a mis l’accent sur la formation des jeunes dans la réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens, avant de soutenir que la protection du patrimoine relève de la responsabilité de tous, d’où la solidarité internationale. Il a aussi souligné que nonobstant la Covid-19, le programme a enregistré des avancées. à cet effet, 50 jeunes seront formés sur les techniques de formation dans la gestion du patrimoine. Il a rappelé comme action de restauration du patrimoine culturel, le crépissage de la mosquée de Djenné qui demeure une véritable action de socialisation, de paix et de cohésion.

Quant au responsable de l’Unesco, il a félicité notre pays pour être choisi à travers l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, par l’Union africaine comme champion pour les arts, la culture et le patrimoine. Edmond Moukala a aussi salué l’appui de l’UE pour la mise en œuvre du projet et l’engagement du département en charge de la Culture pour sa réussite, avant de conclure que nous devons nous battre pour la réhabilitation, la promotion et la protection du patrimoine culturel. Un des temps forts de l’événement a été la présentation des acquis des différentes phases du programme mais aussi des perspectives, suivi de discussions intéressantes pour apporter des améliorations dans la phase en cours d’exécution.

Amadou SOW

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