Relance du train voyageur : L’État au four et au moulin

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Ibrahim Maïga, directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire du Mali

La relance de l’activité ferroviaire est très attendue par les Maliens. L’annonce qui avait été faite par les autorités dans ce sens en 2017, avait suscité beaucoup d’espoir. Tant les enjeux économiques et sociaux sont énormes pour les populations riveraines. En témoignent les manifestations qui avaient eu lieu en 2019 à Kayes, pour demander la reprise du train voyageur. Depuis, les acteurs en charge de la réalisation de ce projet sont à pied d’œuvre afin de relever le défi.
Aujourd’hui, les préparatifs en vu de la relance du train voyageur vont bon train. «Dans le cadre de la relance de l’activité ferroviaire, décidée par le gouvernement le 02 octobre 2019, nous sommes en train de mener plusieurs activités. Aucun blocage majeur n’est constaté pour l’instant», a confié le directeur général de la Société de patrimoine ferroviaire du Mali (Sopafer), Ibrahim Maïga. Rencontré mardi au ministère des Transports et de la Mobilité urbaine, il explique que ce plan de relance se décline en trois volets. Le premier, le processus de sélection d’un partenaire pour la fourniture des locomotives, est bouclé. Il reste juste l’avis de la Direction générale des marchés publics sur l’attributaire de ces locomotives. Au total, annonce le responsable de la Sopafer, ce sont quatre locomotives qui seront louées avec option d’achat. S’y ajoutent, précise le DG, la maintenance et l’entretien pendant toute la durée de la location. Une autre action menée, c’est le débroussaillement de la voie pour la mettre aux normes ferroviaire.
Le second volet du plan d’urgence, selon le patron de la Sopafer, est le démarrage des travaux. Un rapport d’évaluation, dit-il, sera établi afin de recadrer les activités programmées à cet effet. La troisième phase du plan concerne la réhabilitation des gares et des ateliers.
«Le processus de sélection des entreprises pour la réhabilitation des 19 gares et quelques campements de Bamako jusqu’à Kayes prévus dans le plan d’urgence, est en cours. Ces travaux seront réalisés par des entreprises nationales. Le marché sera attribué avant fin janvier 2020», a annoncé le DG Maïga.
La date de mars 2020 annoncée par le gouvernement pour redémarrer le train voyageur sera-t-elle tenable ? Pour réussir ce défi, le patron de la Sopafer, a expliqué que la voie a été divisée en trois tronçons : Bamako-Kita, Kita-Kayes et Kayes-Diboli. Un choix qui est tout sauf fortuit, a-t-il précisé, ajoutant que le segment Bamako-Kita est le moins dégradé du tronçon.
Quant à la portion Kita-Kayes, elle comporte deux grands ouvrages : les ponts de Mahina et de Toukoto, longs respectivement de 400 et 350 mètres. «Le tronçon Kita-Kayes est la partie la plus dégradée. Sa réalisation n’est pas sûre d’ici mars prochain», a confié le DG.

Babba B.
COULIBALY

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