Réouverture des classes au Mali : Pas tout à fait effective

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Les cours sont paralysés dans les établissements publics à cause de l’arrêt de travail qu’observent les syndicats
de l’éducation depuis mi-août

La reprise des cours dans les différents ordres d’enseignement était annoncée pour hier par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Comme on pouvait s’y attendre avec le boycott de toutes les activités pédagogiques décidé par les syndicats d’enseignants, les élèves, en tout cas ceux des établissements publics n’ont pas repris le chemin de l’école. Les syndicalistes avaient clairement laissé entrevoir dans tous leurs messages qu’ils ne reprendront qu’après l’application de l’article 39 de la loi 007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale.

Dans les établissements publics que nos reporters ont visités, rien n’indiquait la reprise des cours. Partout régnait un calme plat. Au niveau du Groupe scolaire Mamadou Goundo Simaga à Badalabougou, les classes étaient fermées. Les élèves brillaient par leur absence. Le coordinateur de cette école, Dramane Dembélé, présent sur les lieux, a accepté volontiers de s’entretenir avec nous. Il nous a expliqué n’avoir aucune information officielle sur la réouverture des classes, mieux encore le Centre d’animation pédagogique (Cap) n’a pas convoqué la traditionnelle réunion sur la reprise des cours.

Au niveau de l’école fondamentale Moriba Traoré de Niamakoro, c’était le même constat. Le mot d’ordre de boycott des activités pédagogiques était bien suivi. Tout comme au niveau du lycée Ba Aminata Diallo. Dans ces différents établissements, les enseignants n’ont pas répondu à l’appel.

Si le public n’a pas repris les cours, quelques établissements privés ont rouvert leurs portes. Kalilou Cissé, directeur de l’école fondamentale Marie Mamadou Sidibé au Quartier-Mali et non moins coordinateur des écoles privées du même quartier, confirmera la reprise des cours dans les écoles privées. On pouvait constater la présence des élèves dans son établissement.

«Lors des réunions préparatoires à propos des écoles privées, il y a un moment, nous avons rencontré au niveau d’une coordination nationale des écoles privées, le Cap qui nous a rassurés qu’une solution sera trouvée à la revendication des syndicats de l’éducation et que les cours se poursuivront», a-t-il souligné.

Selon lui, la reprise était annoncée par le gouvernement pour le 1er septembre et aucun communiqué officiel n’a été fait pour dire qu’elle a été reportée. Il relève que son établissement compte achever le programme scolaire rappellant que les élèves des classes d’examen avaient déjà repris les cours.

La réouverture concerne donc les autres classes qui n’ont pas pu terminer les leçons de l’année du fait de la suspension des cours liée à la Covid-19.

Les écoles privées attendent que les Cap reprennent le service pour recevoir les instructions nécessaires, a expliqué le coordinateur des établissements privés du Quartier-Mali, avant d’inviter les syndicats de l’éducation à faire des concessions en acceptant les propositions du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Pour lui, il est important de comprendre que les anciens dignitaires ont mis le pays à genou au point qu’en insistant trop, on risque de compromettre l’avenir de nos enfants.
Au lycée privé Mamadou Goundo Simaga, quelques élèves étaient présents. Selon N’golo Diarra, censeur de cet établissement secondaire situé au Quartier-Mali, seule la terminale sciences sociales (TSS) suivait les cours.

Les cours ont repris dans presque tous les établissements privés de Bamako

Le directeur des études a souhaité voir toutes les classes reprendre les cours au plus tard lundi prochain. «Je pensais que le communiqué pour la reprise allait être largement diffusé à la télévision nationale et sur les radios. Hélas cela n’a pas été le cas», regrettera le pédagogue. Il a aussi déploré l’absence de plusieurs enseignants. Pour N’golo Diarra, la reprise vise à sauver l’année. Il a proposé que le gouvernement fasse composer les élèves du privé qui ont déjà épuisé le programme.

Mahamadou Diabaté, élève en TSS au lycée privée, Mamadou Goundo Simaga, s’est félicité de la reprise des cours, caressant l’espoir que les examens se feront à date échue. Le jeune apprenant invite ses camarades à se concentrer sur leur réussite cette année. À l’école Abdoul Karim Camara à Badalabougou, les élèves du premier cycle prenaient des cours.

Le directeur de l’établissement, Seydou Fémory Koné, a indiqué être prêt à tout mettre en œuvre pour la reprise totale dans son établissement au plus tard lundi prochain. « On va faire peut être 2 mois et demi le temps de faire des propositions de passage en classe supérieure adressées à notre Cap», dira-t-il.

Quant au doyen des enseignants de cette même école, Mamadou Coulibaly, il a regretté que les écoles publiques n’aient pas repris les cours en même temps que les établissements privés qui sont obligés de payer la location et les salaires de leurs enseignants mais surtout de trouver les moyens d’éponger au moins 5 mois d’arriérés de salaire. Élève de la 6è année à l’école Abdoul Karim Camara, Fatoumata Ballo, était contente de retrouver ses camarades de classe.

L’adolescente de 10 ans, élégamment mise dans sa tenue scolaire de couleur marron, est pressée de voir la fin de la grève. Mardi dernier, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, Kinane Ag Gadéda, avait rencontré les responsables d’institutions d’enseignement supérieur (IES), les universités et directeurs des grandes écoles mais aussi des instituts de formation pour leur instruire de prendre les dispositions pour une bonne reprise des activités d’enseignement supérieur et de recherche scientifique le 14 septembre.

Il leur aussi expliqué qu’un accent particulier doit être mis aussi sur les mesures barrières contre la Covid-19. Les responsables universitaires se sont en retour engagés à relever le défi malgré les multiples difficultés.

Mohamed D. DIAWARA
Sidi Y. WAGUÉ

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