Réseaux sociaux : La mode de l’info en direct

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Avec l’évolution technologique, n’importe qui peut diffuser un évenement en direct. Avec toutes les dérives et conséquences pour un pays en crise comme le nôtre

Le digital est devenu aujourd’hui une source d’information pour de milliards de personnes à travers le monde. On peut dire que les usages ont changé en matière de lecture et de consommation de l’information. Avec les transformations engendrées par la révolution numérique, la culture de l’instantanéité est née.

Internet a ainsi créé de nouveaux modes de consommation de l’information. Les lecteurs recherchent l’information instantanée, n’importe quand et surtout gratuitement. Comme le note le journaliste Auguste de Chambure, en 1914, si l’information se fait toujours plus rapide, c’est « parce que le public (…) n’a plus une minute à perdre ».

Avec les résaux sociaux, l’info en direct, en instantanée, explose. La grande nouveauté du moment, c’est le fait de pouvoir diffuser des vidéos en live (direct) et d’avoir les réactions des «Followers », les gens qui vous suivent. Cette tendance devient de plus en plus populaire et tout le monde s’y met. Journaliste ou pas. Sur Internet, particulièrement sur les réseaux sociaux, le nombre de vidéos en direct augmente.

Le live streaming (le visionnage en direct) sur des plateformes comme Twitter, Instagram, Facebook avec son service de vidéos «Facebook live» prend de l’ampleur. La méthode est simple, certains médias sociaux ou ceux en ligne qui ont des pages sur ces plateformes font des vidéos en direct. Ainsi pendant le visionnage, les commentaires des internautes défilent tout au long du direct. En retour, le direct permet à ces personnes ou à ces sites web de générer du trafic et des revenus publicitaires.

«Une image vaut mieux que mille mots», dit-on. Le phénomène a tellement pris de l’ampleur qu’il brise les habitudes de consommation de l’information et renvoie les internautes à une course effrénée pour faire le direct sur les événements. Comme on le voit ces derniers temps avec la crise sociopolitique que prévaut notre pays. Il y a des gens qui diffusent en direct des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les conférences de presse, les réactions à chaud sont aussi diffusées en direct.

COURSE AU SCOOP- Diakaridja Sanogo est internaute. Il révèle que les vidéos en direct sur les réseaux sociaux permettent aux gens d’être informés immédiatement. «C’est une nouvelle manière d’informer le public en temps réel, c’est rapide, c’est excitant», avoue-t-il.
Comme tout phénomène nouveau, les directs sur les réseaux sociaux ont des conséquences néfastes pour la société, pour le pays.

En la manière, les dérives sont très fréquentes. En effet, la recherche du sensationnel, la course au scoop conduisent certains internautes à la désinformation. Ils tombent dans ce qu’on appelle les « fake news » ou fausses informations. Les directs constituent pour certains, un formidable outil de propagande. Soumis à la pression des réseaux sociaux et à la course à l’audience, certains organes de presse ou chaînes d’information en continu tombent dans le piège de «fake news».

Si pour Diakaridja Sanogo, le direct permet d’être informé en temps réel, de son côté Amadou Diarra pointe du doigt les dégats que ces vidéos en direct peuvent causer. Selon lui, toute vérité n’est bonne à dire. Comme toute image n’est pas bonne à être diffusée en direct. «Souvent, on regarde en direct certaines images et on se demande si l’information est fausse ou pas. Dans la diffusion d’information ou partage de vidéos, le plus important ce n’est pas d’être la première personne à la faire circuler mais c’est la qualité de l’information qui compte le plus», estime Amadou Diarra.

Le direct sur les réseaux sociaux requiert un encadrement pour éviter les dérires. à ce propos, les autorités et les professionnels des médias sont interpellés.

Tamba CAMARA

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