Retour de l’armée à Kidal : Un calendrier en discussion

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De gauche à droite : le général Damien De Marsac, Joël Meyer, Christophe Bigot

L’annonce a été faite par l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer qui était face à la presse, vendredi dernier

Le retour de l’Armée malienne à Kidal se fera de «manière consensuelle» et suivant un «chronogramme déjà en discussion.» C’est l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer, qui a fait cette déclaration, vendredi dernier, lors d’une conférence de presse qu’il a co-animée avec le représentant de Barkhane au Mali, le général Damien De Marsac et l’envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Bigot. La rencontre était axée sur les conclusions du Sommet de Pau et le processus de paix dans notre pays. Le retour des FAMa à Kidal est très attendu par la population malienne, mais aussi par la France qui, selon Joël Meyer, l’a toujours «souhaité de tous ses vœux.» Le diplomate précisera que ce retour de l’Armée reconstituée, relève avant tout de la «seule responsabilité des autorités maliennes» et doit se faire de manière consensuelle. «Un calendrier est en discussion entre les parties» à cet effet, a révélé Joël Meyer. De son côté, l’envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Bigot, a assuré que la France est fortement impliquée aux côtés des autres partenaires, pour «réunir toutes les conditions afin qu’une fois à Kidal, l’Armée malienne puisse mener ses missions.» Christophe Bigot ajoutera que son pays n’est pas engagé au Mali pour des «intérêts mercantiles, mais plutôt pour des intérêts communs.» «Nous n’avons pas de mine d’or au Mali», a-t-il fait remarquer, en réponse aux allégations faisant état de l’exploitation de ressources minières par la France dans le Nord du Mali. Pour que les populations comprennent mieux l’action des forces françaises, le commandement de Barkhane mise sur la communication. Le général Damien De Marsac entend, ainsi, intensifier les actions dans ce sens.

Concernant le Sommet de Pau, Christophe Bigot est revenu sur les conclusions de cet exercice de «solidarité» et de manifestation de «notre détermination». Il a insisté sur la mise en place d’une «Coalition pour le Sahel» qui tentera de répondre à la menace terroriste, en amplifiant les actions militaires et de développement. La stratégie repose sur quatre piliers, dont le premier est le «combat contre le terrorisme». Animé par la France, ce pilier aura pour objet de coordonner l’ensemble des efforts internationaux, en matière de lutte contre les groupes terroristes, selon la logique déjà a l’œuvre pour la Task force Takuba.
La coordination avec les armées du G5 Sahel sera renforcée dans la région des trois frontières, notamment grâce à la mise en place d’un commandement conjoint entre Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel. Cette mesure permettra, selon le général Damien De Marsac, d’améliorer l’interopérabilité et de perfectionner toutes les procédures de coordination. Déjà, «les parties sont en train de définir les modalités de coordination», a indiqué l’officier général. Le deuxième pilier est le «renforcement des capacités militaires des États de la région.» Son objet : coordonner toutes les offres de formation et d’équipement des partenaires multilatéraux et bilatéraux, au profit des Forces armées nationales et de la Force conjointe du G5 Sahel. Quant au troisième pilier, «l’appui au retour de l’État et des administrations», sa mission serait d’appuyer le redéploiement des services régaliens, en particulier les forces de sécurité, et le renforcement de la chaîne pénale des pays du G5 Sahel. Le quatrième et drernier pilier est «l’aide au développement» qui s’appuiera sur l’Alliance Sahel, ainsi que sur les différentes contributions bilatérales. Ce pilier cherchera également à accroître l’assistance pour faire face aux nouveaux défis humanitaires que sont les déplacés internes, les réfugiés, la fermeture des écoles et des centres de santé.

Issa DEMBÉLÉ

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