Route Séféto-Dalibera : Des hommes armés attaquent les passagers d’un minibus

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Depuis l’arrêt du trafic ferroviaire Bamako-Kayes, il y a une décennie, les minibus sont devenus le moyen de transport le plus utilisé par les ressortissants de la première région, singulièrement ceux du Kaarta. Ainsi, de la Commune de Séféto, à Niagané, en passant par Maréna, Karéga, Diougounté, Mansala, Kéniénifé, Siramissin pour ne citer que ces localités, le transport est assuré partout par les minibus qui passent, soit par le tronçon Bamako-Kita, soit par la RN7 qui relie la capitale à la Cité des rails.

Le lundi 2 novembre un minibus en partance à Diougounté a été attaqué vers 17h entre le village de Fountou et la Commune de Niagané. Selon Fousseïny Tounkara dit Saddam, convoyeur de minibus, l’attaque a été perpétrée par trois hommes qui circulaient sur des motos de marque Haojue.

«Le chauffeur du minibus, Samba Fofana nous a dit que les trois individus étaient armés de fusils. Quand ils sont arrivés, ils ont tiré en l’air et ordonné à tous les passagers de descendre du véhicule. Ensuite, ils ont commencé à les fouiller, les uns après les autres à la recherche d’argent, de téléphones portables et d’objets de valeur. Ainsi, la dizaine de passagers qui étaient à bord du minibus, dont le chauffeur et l’apprenti ont été dépouillés de leurs portables et de tout leur argent», rapporte Fousseïny Tounkara citant le chauffeur Samba Fofana qui a connu l’une des plus grosses frayeurs de sa vie, Saddam ajoutera : «L’opération a duré une dizaine de minutes et tous les téléphones portables ont été emportés par les assaillants qui ont pris la route de Dalibera après leur forfait».

On ne connaît pas le montant emporté par les coupeurs de route, mais, indique un autre convoyeur, «les passagers ont été dépouillés de tout leur argent et parmi eux, il y avait un Parisien» (un Malien résidant en France, ndlr). Les trois individus qui s’exprimaient en bambara ont tabassé certains passagers dont le seul tort a été de ne pas avoir sur eux beaucoup d’argent, indique la même source.

DEUXIÈME ATTAQUE- Après le départ des assaillants, Samba Fofana et ses passagers ont continué leur route et c’est seulement à leur arrivée à Niagané qu’ils ont pu donner l’alerte. Trop tard, car les bandits armés étaient déjà arrivés au goudron et avaient disparu dans la nature. Un deuxième minibus qui avait quitté Bamako deux heures après le premier et qui était en partance à Séféto, a croisé les deux motocyclistes entre Fountou et Dalibera mais les passagers de ce véhicule n’étaient pas au courant de l’attaque. C’est la deuxième fois depuis le début de l’année que des bandits sévissent sur le tronçon Dalibera-Séféto, long de 50 km et qui est jalonné de petits marigots, rivières, couches d’eau stagnantes et de rizières.

La première attaque avait été perpétrée en mai sur le même tronçon et à seulement 2 km de l’endroit de l’attaque du 2 novembre. Là aussi, les assaillants avaient surgi des buissons et fait des tirs d’intimidation, avant de déposséder les passagers de leurs téléphones portables et de leur argent. Selon Saddam, ces bandits armés étaient au nombre de sept et s’exprimaient en langue peule. Ces coïncidences font croire aux habitués du tronçon que les auteurs des deux attaques connaissent bien la zone et viennent probablement des localités voisines.

Vrai ou faux, en tout cas l’attaque du lundi 2 novembre a provoqué la psychose dans le Kaarta dont les populations ne sont pas habituées à ce genre de banditisme et qui ne savent pas non plus quelle attitude adopter pour faire face au fléau. Du moins pour le moment.

Souleymane B. TOUNKARA

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