Salon de l’entrepreneuriat : LES JEUNES TENTENT DE SAISIR LA PERCHE DES OPPORTUNITÉS

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Les jeunes ont été créatifs à l’instar de ce dernier qui expliquait son robot au chef de l’État

Filles et garçons ont arpenté les allées du salon pour tirer profit des possibilités offertes, afin de réaliser leur rêve de chef d’entreprise

En cette matinée pluvieuse de mercredi, jeunes et femmes, désireux de s’engager dans l’entrepreneuriat, convergent vers le Centre international de conférence de Bamako. Où le gouvernement a lancé, depuis le lundi, le Salon de l’entrepreneuriat jeune et des petites et moyennes entreprises.

A l’entrée de la salle de presse de ce complexe rénové, une hôtesse, tout sourire, oriente, avec déférence, les visiteurs. En franchissant la porte d’entrée, la mention : «Village entrepreneurial», écrite en lettres capitales s’impose au regard. Derrière, des stands se suivent les uns après les autres, laissant des couloirs éclairés par des lampes pâlottes.
Zeinab Darhat Touré, 23 ans, attablée, pianote sur le clavier de son ordinateur. A la question de savoir ce que le Salon de l’entrepreneuriat lui a apporté, elle part d’un éclat de rire, avant de révéler qu’elle gardera gravé à jamais dans sa mémoire le jour du lancement. Car, précise-t-elle, cet événement a donné de la visibilité à sa boîte, dénommée «donilab» : un laboratoire consacré aux nouvelles technologies. Après cette confession, elle sort son téléphone et montre une vidéo où l’on voit un robot «Made in Mali», qui a suscité un grand intérêt chez le président de la République, le jour du lancement du Salon.

Le sol carrelé résonne sous les pas d’une foule affairée. Certains visiteurs jettent des regards circulaires pour se faire du panorama, d’autres s’introduisent dans les locaux pour s’informer.

Au fond, loin des amplificateurs qui répandent de la musique, se trouve le stand de Penda Modibo Keïta, une autre incubatrice. Détentrice d’une licence en audit, contrôle et gestion, la jeune dame a préféré l’univers de la culture à celui des chiffres. «La galerie Medina où je travaille appuie les jeunes porteurs de projets dans le domaine de la culture», confie Penda. A en croire ses propos, en deux jours seulement ce Salon lui a permis de rencontrer des jeunes désireux de se lancer dans le domaine de la culture. «Il y en a qui sont intéressés par les arts plastiques, d’autres par la musique», explique-t-elle. Après le salon, elle prévoit d’autres rencontres avec ces jeunes dans le cadre des séances de formation. Selon elle, la jeunesse malienne est très créative. Aussitôt, elle montre du doigt comme pour corroborer son affirmation un tableau fixé au mur, une œuvre à base de coupures de journaux. Réalisée par un étudiant du conservatoire Balla Fasséké Kouyaté, elle considère ce tableau comme un chef-d’œuvre.

Sur ces entrefaites, une jeune fille, arborant un voile, salue, avant de se mettre à feuilleter un livre laissé ouvert sur une table. Dans les pages, des images de la coiffure et de l’habillement traditionnel s’offrent à elle et semblent la fasciner. Envisage-t-elle de se lancer dans l’entrepreneuriat culturel ? «Non», laissera entendre celle qui se présentera comme Kadidiatou Tangara, en précisant qu’elle est plutôt tentée par les nouvelles technologies. Pour elle, l’Etat, à travers ce salon, a fait montre d’une volonté de lutter contre le chômage des jeunes à travers l’entrepreneuriat. «La balle est dans notre camp maintenant», lance la mordue des TIC, tout en se dirigeant vers la sortie. Non loin de ce stand se trouve une salle d’exposition : théâtre de discussions intenses et cocasses. Adama Sidibé du département financement et garantie de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) et sa collègue Mariam Ouane sont assaillis par deux jeunes.
Les jeunes soutiennent, avec ferveur, que le jeune entreprenant n’est ni bien formé ni bien suivi. Raison pour laquelle, les projets sont voués très souvent à l’échec. Une thèse vite récusée par Adama Sidibé. «Si vous prêtez 5.000 Fcfa à un ami pour qu’il puisse acheter un téléphone.
S’il en vient à les dépenser dans un téléphone défectueux, vous sentirez-vous responsable de cette étourderie ?», rétorque-t-il.
Quant à Mariam, elle se réjouit qu’on ait associé l’Apej à une telle activité. «Nous pouvons recevoir par jour environ cent jeunes.
Tous désireux de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ils viennent pour savoir comment l’Apej pourrait les accompagner dans leurs projets.
Cependant, il faut qu’on rembourse les prêts auparavant octroyés pour le financement d’autres projets.
Le taux de remboursement est extrêmement faible», déplore-t-elle.
D’un stand à un autre, on note la même ardeur. On s’informe sur les outils disponibles pour l’entrepreneuriat jeune et féminin.

Tel est le cas de James Thiam, qui se dit directeur d’une société de production d’eau minérale au Mali. Habillé en veste noire, il arpente la salle d’exposition. Le chef d’entreprise confie : «Je suis venu visiter les lieux. Je vois que les jeunes auront des gens qui les écouteront et sauront les orienter quant à leurs projets».
Les pouvoirs publics ont tendu la perche que les jeunes tentent de saisir. Pour beaucoup de porteurs de projets, les opportunités se traduiront peut-être par des créations d’entreprises.

Lassana Nassoko
L’ESSOR

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