Salon international de l’Agriculture : LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SALUE LES SUCCÈS DU MONDE AGRICOLE

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Les produits issus des activités d’insémination artificielle ont abouti à des sujets bovins de 1,5 tonne de poids


Le chef de l’Etat a été émerveillé par les prouesses de l’insémination artificielle grâce au don généreux de sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc qu’il a chaleureusement remercié
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a respecté la tradition en procédant samedi dernier à la coupure du ruban qui consacre le lancement officiel de la 7è édition du Salon international de l’Agriculture du Mali (SIAGRI). C’était au Parc des expositions. On notait la présence du chef du gouvernement, Soumeylou Boubèye Maïga, des ministres, notamment le ministre de l’Agriculture, Dr Nango Dembélé, du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola et de plusieurs autres personnalités.
Le chef de l’État, Ibrahim Boubacar Kéita, a exprimé sa satisfaction à l’issue de la visite des stands qui s’est achevée sous le hangar réservé aux animaux. «Un bonheur absolu. J’aurais pu être harassé, mais, pas du tout, tant nous avons bu du lait (littéralement !) en voyant les efforts déployés par les acteurs du monde rural (hommes et femmes) dans tous les domaines de la production agricole classique à l’élevage, en passant par l’aquaculture. Aujourd’hui, nous avons eu droit à une visite qui nous a émerveillés. Des réussites en insémination artificielle époustouflantes. C’est au passage, l’occasion pour moi de remercier chaleureusement un grand ami du Mali, en l’occurrence sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc qui a cru en l’avenir de ce pays. Il est venu à mon investiture avec dans son escarcelle 135.000 doses de semences animales. Quand on voit aujourd’hui ce qu’on a pu réaliser avec ce geste, je dis chapeau», s’est exclamé le président IBK qui n’a pas caché son plaisir de visiter ces belles choses et de passer d’agréables moments avec les exposants.
Et il y avait de quoi. Car, le président Bakary Togola avait déjà souligné dans ses propos que le chef de l’État allait être émerveillé, et il le fut. En effet, comment ne pas admirer les produits issus des activités d’insémination artificielle qui aboutissent à des sujets bovins de 1,3, 1,4, voire 1,5 tonne de poids vif. Ces mastodontes contribuent à améliorer la production de viande quand des femelles croisées peuvent produire entre 20 et 25 litres de lait par jour. Le président IBK ne pouvait que s’extasier devant de pareils résultats. «Je ne pouvais pas imaginer une seconde qu’au Mali, il me serait donné de voir une production laitière quotidienne de 25 litres par vache, ce n’est pas possible, c’est un rêve ! C’est fabuleux ! La tenue de ce salon est réjouissante et démontre, si besoin est, de la montée en puissance et en qualité de façon progressive de notre secteur agricole», a souligné le chef de l’État. Avant de poursuivre que «seule l’excellence sied au Mali, pas la médiocrité. Nous en avons pris le chemin de la plus belle des façons. Je sors de ce salon satisfait».
Il faudrait dire que les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens pour offrir à leur hôte de marque des produits de qualité et un décor de charme. Le président IBK méritait ce clin d’œil à son endroit, lui qui a érigé le secteur agricole au rang de priorité. En témoignent les multiples actions du président en faveur de la promotion du secteur. Au nombre de ces actions, figurent l’allocution de 15% du budget national au secteur agricole, le démarrage d’un programme pilote de 1000 tracteurs qui a été élargi à d’autres types d’équipements et matériels, le maintien de la subvention des intrants agricoles et son élargissement au sous secteur de l’élevage et de la pêche, a tenu à rappeller le ministre Nango Dembélé. «Toutes ces actions viennent conforter la vision présidentielle de faire du secteur agricole le moteur de la croissance économique du Mali», a précisé le ministre.
«Permettez-moi d’exprimer, au nom du gouvernement, la fierté que les départements en charge du secteur du développement rural éprouvent à l’occasion de l’organisation du SIAGRI. Cette fierté est d’autant plus légitime que le SIAGRI constitue une opportunité d’exposer toute la grandeur du secteur agricole de notre pays», a soutenu Dr Nango Dembélé. Il a remercié, au nom du chef de l’État, le président de l’APCAM, Bakary Togola, ses collaborateurs et toute la profession agricole pour avoir réussi l’organisation de ce salon qui s’améliore d’année en année.
L’ouverture du SIAGRI a été l’occasion de récompenser le travail de recherche de certains paysans qui ont apporté des innovations majeures dans leurs activités. Ainsi Kadiatou Wonogo de Ségou a trouvé l’astuce de lutter efficacement contre le charbon du sorgho en écrasant l’écorce de la plante balanitès (zèguènè en bambara) pour pulvériser ses champs avec ce produit biologique. Elle a, de cette manière, réussi à endiguer le fléau qui entravait la culture de la céréale. De son côté, le paysan Fousséini Samaké de Sikasso a fait un mélange de feuilles de neem, de potasse, de savon et de tabac pour traiter ses champs de maïs et de coton sans recourir aux pesticides chimiques. Il a, de ce fait, révolutionné le traitement phytosanitaire de ses plantes sans passer par le chimique. En utilisant ce biopesticide, ce paysan a non seulement fait une économie sur ses charges d’exploitation, mais aussi contribué à protéger l’environnement. Enfin, le paysan Oumar Koné de Sikasso a aussi amélioré la technique culturale en introduisant un semoir multiple à 9 lignes avec roues. L’utilisation de cet outil lui a fait gagner un temps d’activités considérable, en même temps qu’il a révolutionné la technologie. Ce sont ces prouesses qui ont été récompensées et qui dénotent le fait que notre agriculture prend de la hauteur, malgré les aléas et les contraintes. C’est le génie créateur de ces modestes «chercheurs» qui vient d’être récompensé par des outils et engins (motoculteur, groupe électrogène et moto Djakarta). Vivement d’autres innovations pour la prochaine édition du Salon.
Moriba COULIBALY
 
SAUVER LE FLEUVE NIGER
Répondant à la question de sa vision présidentielle de faire du secteur agricole, le moteur de la croissance économique du Mali, le président de la République a saisi l’occasion pour toucher du doigt le péril qui menace la survie de notre agriculture, et partant de l’environnement.
«Ce slogan n’est guère politique, il est l’expression d’une conviction forte, ancrée et porteuse d’espoir. Le développement du Mali passera par le développement rural. Le Mali est d’abord et avant tout un pays agro-pastoral, une vocation claire et nette», a martelé le président IBK.
Mais, il s’est empressé d’ajouter qu’à condition que nous puissions sauvegarder la seule chose qui nous confère cette vocation, à savoir le fleuve Niger. «C’est pourquoi, je voudrais m’élever avec force contre la mise en péril de ce fleuve Niger. Nous avons bataillé pour convaincre nos partenaires et singulièrement la Banque mondiale pour nous accompagner dans la sauvegarde de ce fleuve Niger. Cela est acquis pratiquement. Nous avons eu le financement», a souligné le chef de l’État.
C’est dans ce même temps, a décrié Ibrahim Boubacar Keïta, que certains ont décidé de venir dans le lit du fleuve pour chercher un hypothétique or, en polluant le cours d’eau par du cyanure, du mercure et d’autres produits toxiques qui sèment la mort au niveau de la faune aquatique et des humains.
Cela n’est pas tolérable et a des conséquences préjudiciables sur tout l’environnement, et à terme, sur le développement du Mali.
«Je demande à ces acteurs concernés, à quelque niveau qu’ils soient, que cela est un suicide, que la décision fasse que cela recule et que cela cesse», a dit le président de la République. «Les efforts déployés pour protéger ce qui nous reste comme couvert végétal pour essayer de sauver ce qui peut encore l’être, est un combat devenu une préoccupation majeure. Je souhaite que tous les destructeurs comprennent leurs méfaits sur l’environnement et s’engagent à sauvegarder ce qui reste pour le bonheur de tous les Maliens», a-t-il ajouté.
M. C.

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