Sécurité alimentaire 2018-2019 : BIEN MEILLEURE QUE L’ANNÉE PRÉCÉDENTE

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Lors de la campagne précédente, la production céréalière a atteint plus de 10 millions de tonnes

Le chef du gouvernement a déploré le fait que les vivres n’arrivent pas à atteindre les populations en nécessité, malgré les efforts financiers déployés par l’Etat

Le Premier ministre Boubou Cissé a donné hier au Centre international de conférence de Bamako (CICB) le coup d’envoi des travaux de la 16è session ordinaire du Conseil national de sécurité alimentaire. C’était en présence de plusieurs officiels, dont le commissaire à la sécurité alimentaire, Kassoum Denon et le chef de file des partenaires techniques et financiers de la sécurité alimentaire, Sylvia Carruzo.
Organe de gouvernance de crise alimentaire au Mali, le Conseil national de sécurité alimentaire au titre de la campagne agricole 2018-2019 se tient dans un contexte alimentaire nutritionnel bien meilleur à celui de l’année 2018.
La session a, entre autres, fait le point de la mise en œuvre des recommandations formulées en 2018, l’examen de la situation alimentaire et nutritionnelle définitive élaborée par le Système d’alerte précoce et ses partenaires.
Selon le Premier ministre, la campagne agricole 2018-2019 est jugée globalement bonne dans l’ensemble du pays. Toutefois, regrette-t-il, elle a connu des perturbations dans les régions de Tombouctou, Gao et Mopti. Perturbations imputables aux inondations sur les riz de submersion et les cultures de décrue et aux conflits communautaires.
Faisant le bilan de la campagne précédente, le Premier ministre a rappelé que durant celle-ci, la production céréalière a atteint 10.452.980 de tonnes toutes céréales confondues. Soit une augmentation de 12% par rapport à l’année dernière et 34% par rapport à la moyenne quinquennale. Il s’est aussi félicité de la production des cultures de rente et des productions pastorales jugées respectivement satisfaisantes et moyennes.

PERTURBATIONS DE FLUX – Le disponible fourrage est globalement excédentaire, notamment dans les zones pastorales. Cependant, a déploré Boubou Cissé, l’accès à certains pâturages des zones exondées des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka, du nord du cercle de Ségou et de Mopti reste difficile à cause de l’insécurité.
Les conditions d’alimentation et d’abreuvement du bétail sont moyennes par rapport à l’ensemble avec toutefois des poches de déficits dans le Sahel occidental et par endroits dans les régions de Tombouctou et Gao.
«Quant aux productions halieutiques, elles sont bonnes, grâce à la forte pluie qui a permis une bonne inondation des frayères. Le fonctionnement des marchés est satisfaisant dans l’ensemble avec cependant des perturbations de flux liées aux actes d’insécurité dans les régions du nord du Mali et le nord de celles de Ségou et de Mopti. La situation nutritionnelle quoiqu’en nette amélioration, demeure toujours préoccupante dans le pays du fait de l’insécurité alimentaire, l’insécurité civile et la prévalence des maladies liées aux mauvaises conditions d’hygiène dans certaines zones.
La situation est plus critique dans les régions de Gao, Tombouctou, Ménaka, Ségou et le district de Bamako, où les taux de malnutrition globale aiguë sont au dessus du seuil d’urgence de l’OMS », déplore-t-il.
Selon le Premier ministre, il est aussi signalé une situation d’alerte rouge dans les zones de Gourma Rharous et de Ménaka qui méritent une intervention. En outre, une dégradation de la situation sécuritaire au centre et au nord du pays affecte les circuits d’approvisionnement qui provoquent des déplacements inhabituels de certains ménages des zones d’insécurité vers des zones plus sécurisées.

ONG LOCALES – Pour le chef de file des partenaires techniques et financiers de la sécurité alimentaire, Sylvia Carruzo les distributions alimentaires gratuites de 2018 n’ont pas pu se tenir. «Au cours de cette année difficile, les populations vulnérables du Mali n’ont donc pas été soutenues par les autorités, mais par des entités externes, ce qui limite d’autant la pérennité des actions proposées», a-t-elle regretté. Cependant pour le Premier ministre qui ne partage pas cet avis, «il y a eu des difficultés en 2018 au niveau du Trésor, mais sur les ressources qui avaient été prévues dans le cadre de la sécurité alimentaire, il y a eu une mobilisation de plus de 60%. Le budget d’Etat avait promis 3 milliards de Fcfa environ. A l’époque, quand on avait fait les arbitrages, on nous disait que ça pouvait permettre d’acheter au moins 18.000 tonnes.
Nous sommes partis sur cette base, les 3 milliards qui ont été prévus, ont été payés. Sur le filet social, 4 milliards avaient été requis, dont on a payé les 50%. Le problème pour moi, c’est l’acheminement des vivres et des produits. Si le coût des transports doit être plus important que le montant des vivres, c’est qu’il y a un problème. Plus de 140 ONG avaient été recrutées pour distribuer les vivres sur l’ensemble du territoire à un coût beaucoup plus important que ce que nous avions mis dans la constitution du stock de sécurité alimentaire, là il y a un problème», a aussi déploré le Premier ministre.
L’acheminement et la distribution des vivres doivent passer peut-être par les gouverneurs des régions en utilisant les véhicules de l’armée. Le chef du gouvernement propose qu’à partir des régions, des ONG locales puissent être recrutées pour acheminer les produits, au lieu que ce soit des ONG de Bamako qui n’ont aucune idée de là où les produits doivent être acheminés. Selon lui, l’Etat paye les stocks et le transport et la plupart des cas, les produits ne quittent pas Bamako.
Saluant l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, le chef du gouvernement espère qu’ils ne manqueront pas de soutenir la volonté du gouvernement pour un Mali plus résilient face aux chocs multiformes, notamment climatique, financier et face aux nombreux déprédateurs de cultures et de post-récolte.

Khalifa DIAKITé

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