Sécurité au Sahel : L’Europe en fait une priorité

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La 33è conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui a pris fin hier à Addis-Abeba, a été un moment très chargé pour le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Outre les événements parallèles qu’il a organisés en sa qualité de Champion de l’Union africaine pour mobiliser les dirigeants du continent autour des arts, de la culture et du patrimoine, le chef de l’État a aussi enchaîné des audiences.
Hier, le président Keïta a reçu en audience Charles Michel, président du Conseil européen depuis le 1er décembre 2019. À sa sortie d’audience, l’ancien Premier ministre belge a déclaré que la priorité absolue, c’est la sécurité dans la Région du Sahel, également l’unité du Mali. «Nous pensons que tout doit être mis en œuvre pour faire reculer cette menace terroriste qui déstabilise, qui brise des vies innocentes, qui abîme les conditions de vie des populations au Mali et dans les pays autour», a laissé entendre le président du Conseil européen, qui a ajouté avoir parlé avec le président Keïta de la rencontre des chefs d’État du G5 Sahel avec leurs homologues européens, prévue à Bruxelles. Cette rencontre de haut niveau visant à faire bouger les lignes au Sahel sera l’occasion, selon Charles Michel, pour avoir non seulement des bases stratégiques mais aussi pour définir les moyens supplémentaires à mobiliser à la fois pour la sécurité et pour soutenir les efforts de développement dans nos pays.
Dimanche, après l’ouverture du sommet, le président de la République a été reçu en audience par le président de la République populaire démocratique de l’Algérie. Abdelmadjid Tebboune, intervenant lors du sommet, avait réaffirmé sa volonté à contribuer à la levée de tous les blocages entravant la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.
Le chef de l’État algérien a annoncé également la création d’une Agence algérienne de coopération et de développement pour soutenir nos pays.
Interrogé à sa sortie d’audience, le président Ibrahim Boubacar Keïta a confirmé qu’il avait été question de coopération bilatérale sur le plan de la sécurité et du développement. «Le président algérien a parlé de la création d’une Agence de coopération qui est la bienvenue», a apprécié le chef de l’État, ajoutant : «la tenue prochaine de la commission mixte Mali-Algérie est à l’ordre du jour, y compris également mon prochain voyage en Alger. Je m’en réjouis».
Par ailleurs, Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé les liens historiques et culturels qui lient nos deux pays et les efforts de part et d’autre pour préserver la souveraineté de nos territoires.
À cet effet, l’Algérie qui partage 1.300 km de frontière avec le Mali, a accueilli gracieusement les pourparlers intra-maliens qui ont duré huit mois. «Nous avons été reçus de très belle façon. Jamais, on nous a fait grief de tel ou tel abus comportemental, jusqu’au moment d’aboutir à l’accord qui, désormais, est reconnu Accord pour la paix et la réconciliation», a rappelé le président Keïta.
Juste après cet entretien, le président Ibrahim Boubacar Keïta a reçu son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. Les deux personnalités ont échangé sur les questions sécuritaires, politiques, culturelles, économiques. La Centrafrique, comme notre pays, est confronté aussi à des défis sécuritaires liés à la prolifération des groupes armés sur son territoire.

Envoyé spécial
Cheick M. TRAORÉ

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