Ségou : PÉRIODE DES VACHES MAIGRES POUR LES CONDUCTEURS DE BACS

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Deux bacs sont en activité dans la cité des Balanzans


Difficile de traverser le fleuve avec la montée de la crue. Cette phrase sonne depuis un certain temps comme une véritable rengaine du côté des conducteurs de bacs. Il est 11 heures passées, assis à l’ombre d’un arbre, les yeux au le ciel, Moussa Cissé, conducteur de bac à Ségou jure que les temps sont durs. La ville de Ségou dispose de deux bacs qui font office de pont reliant les différents villages. Le bac est utilisé pour faire traverser les personnes, véhicules, motos ou animaux d’une rive à l’autre du fleuve.
Moussa Dembélé est conducteur de bac au quartier Somono, dans la capitale des Balazans. Il assure qu’avec la montée inquiétante des eaux du fleuve, il est difficile pour lui et ses collègues de pratiquer leur activité. A ce problème qui lui donne déjà le tournis, s’ajoute la panne du moteur de leur bac qui, jusqu’à présent, n’a pu être réparée par manque de fonds. Pour éviter que cette situation ne perturbe le trafic sur le fleuve, les conducteurs ont eu l’ingénieuse idée d’accrocher une pinasse à moteur au bac. «Nous avons besoin d’un moteur plus performant qui pourra faire du sauvetage avant l’intervention des éléments de la protection civile qui sont très loin du fleuve. Et nous avons un besoin pressant de gilets de sauvetage qui sont considérés comme un élément important de la gamme d’accessoires sur le bac en cas de noyade», dit Moussa Dembélé d’une voix pleine d’espoir.
Selon le chef de subdivision des routes de la Région de Ségou, Mamadou Lamine Traoré la gestion du bac n’est pas suffisamment bien ficelée. «En cas de panne, c’est l’Industrie navale de construction métallique (INACOM-Sa), une compagnie spécialisée dans la construction de bateaux, qui est chargée de réparer le bac», explique notre interlocuteur.
Cependant, le manque de fonds, les recettes du bac servant à la réparation et aux salaires des travailleurs, est à l’origine de ce retard. Afin de résoudre cette problématique, un comité de gestion et du droit de traversée des bacs a été mis en place avec comme mission d’assurer le suivi, réguler la circulation et faire l’entretien et la maintenance des bacs dans chaque localité. La présidence est assurée par le gouverneur de région au niveau régional. Au niveau local, c’est le préfet de cercle. Le comité est composé du directeur régional des routes, des transports terrestres et fluviaux, du président du conseil régional, du directeur régional de la police etc.
Pour rappel, un droit de traversée des bacs est mis en place sur toute l’étendue du territoire national dans le but d’assurer l’entretien et la réparation. Le droit de traversée est perçu sur chaque passage et sur toutes les catégories de véhicules. Le montant est fixé à 2500 Fcfa pour les véhicules légers d’une hauteur inférieure à 2,25 mètres, 7 000 Fcfa pour ceux qui sont admis au transport public de plus de 13 personnes et 12 000 Fcfa pour les poids lourds, les engins des travaux publics et les appareils agricoles.
Mamadou SY
AMAP-Ségou

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