Seydou Fofana : «J’aimerais décrocher la Médaille d’or à Tokyo»

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Le champion du Mali en taekwondo, Seydou Fofana, est le premier Malien à se qualifier pour les Jeux olympique. Celui qui représentera notre pays au rendeez-vous de Tokyo 2020, nous accordé un entretien exclusif sur sa préparation.  Il revient aussi sur sa revanche sur le Nigerien Ismaël Yacouba et fixe son objectif pour le plus grand événement sportif

L’Essor : Vous êtes le premier athlète malien à se qualifier pour les Jeux olympiques Tokyo 2020, quel sentiment vous anime ?
Seydou Fofana : Après ma qualification, mon président m’a dit que j’ai honoré le Mali en devenant le premier athlète malien à se qualifier pour les J.O. 2020. Je suis content et fier. C’est aussi une fierté pour ma famille, la famille du taekwondo et tout le peuple malien. J’ai senti le soutien de tous les «taekwondokas» du Mali et je les remercie tous ainsi que tout le peuple malien.
L’Essor : Quel est votre objectif aux Jeux olympiques 2020 ?
Seydou Fofana : Je n’ai qu’un seul objectif : ramener la Médaille d’or au Mali. Depuis très jeune, j’ai demandé à mes parents de formuler des bénédictions pour moi pour que je puisse remporter la médaille olympique pour le Mali. Dieu merci, cette année, je suis qualifié pour la phase finale de la compétition. Le Mali a besoin de la médaille olympique et il est temps que notre pays remporte cette médaille. Je souhaite bien préparer les jeux. Outre le Comité national olympique et le ministère de la Jeunesse et des Sports, je demande le soutien de tous les Maliens de l’intérieur et de l’extérieur. On doit effectuer le stage à l’extérieur comme le font certains pays. Il nous manque beaucoup de choses, notamment les matériels.
L’Essor : Comment s’est déroulé le tournoi de qualification africaine au Maroc ?
Seydou Fofana : Au Maroc, j’ai décroché la qualification pour les Jeux olympiques par la grâce de Dieu. J’ai effectué et gagné quatre combats. Le premier combat du tournoi m’a mis aux prises contre un Zimbabwéen, Lazarus Maringbossi (17-0). Lors de mon deuxième combat, j’ai affronté le Nigérien qui est premier au ranking (classement africain) de notre catégorie. Mais, je n’ai pas eu peur parce que nous nous connaissons bien. Il m’a battu en 2011 lors de ma première compétition internationale à Abuja, au Nigéria. Nous avons fait deux rounds, il remporté le combat par mort subite. C’était par manque d’expérience pour moi. Ensuite, on s’est retrouvé à Lagos, pour l’Open du président. Il m’a battu en finale. Je menais le combat, mais il a remporté tous mes points dans les six dernières secondes. J’étais sûr d’une chose, si je n’affrontais pas Ismaël Yacouba (premier au classement africain, je vais combattre l’Egyptien (2è au classement africain). Le tirage au sort est fait de telle sorte que les bien classés affrontent les moins bien classés. Dieu merci, j’ai pris ma revanche sur lui. Avant de partir au Maroc pour le tournoi qualification, j’ai téléchargé les combats des athlètes de ma catégorie. Je demande conseil au coach. J’ai préparé tous les combats avant de quitter Bamako. Au moment d’affronter Ismaël Yacouba, mon coach m’a dit ‘’Ah Seydou, ce que tu as dit est arrivé’’. Je lui ai répondu que je vais gagner et j’ai ajouté que je préfèrais mourir que de perdre. Il m’a donné la stratégie de combat. Avant le combat, les gens m’ont appelé de partout pour me dire de ne pas avoir peur du Nigérien. Au premier round, j’ai mené 4-3 et 9-8 au deuxième round. C’était un combat serré. Au troisième, j’ai pu creuser l’écart avant de gagner 16-9. Dieu merci, j’ai pris ma revanche de la plus belle des manières. J’ai, ensuite, battu le Malawite, Joseph J. Phoni (17-2) et le Nigérian, Ajayi Ifeoluwo (5è de notre catégorie, 17-3).
L’Essor : Comment vous avez préparé le tournoi qualificatif africain ?

Seydou Fofana : Quand on m’a informé que je suis sélectionné pour participer à la qualification africaine pour les Jeux olympiques, j’étais aux anges. J’ai remercié Dieu. Le rêve de tout athlète est de participer aux Jeux olympiques. Je me suis dit que je dois mettre en œuvre une stratégie pour faire un bon tournoi et se qualifier pour les J.O. Je m’entraînais trois fois par jour, souvent quatre fois par jour. Un bon athlète doit faire, au moins, huit heure d’entraînement par jour (2 ou 3 heures 3 ou 4 fois, ndlr). J’effectuais 8 ou 10 heures par jour. J’atteignais souvent douze heures d’entraînement par jour. Je n’ai pas pris le tournoi qualificatif à la légère. Je me suis battu nuit et jour. Au mois de novembre, j’ai eu la chance d’être invité par WTF (Fédération mondiale de taekwondo, ndlr) pour une formation d’un mois en Corée. Cette formation a été une réussite. Il n’y avait qu’un jour de repos : le dimanche. On s’entraînait le matin 9h-11h30, 15h-17h30, 19h-21h30 par jour. Grâce à ce stage, j’ai emmagasiné de la confiance. Quand je suis revenu, j’ai redoublé d’effort avec mes coachs : Ibrahima Niang, ceinture noire 3è dan (sélectionneur national de taekwondo), Yacouba Samaké (entraîneur de Kala sport 2000) et Adama Koné (entraîneur d’athlétisme). Ce dernier m’a beaucoup aidé sur le plan physique. Les deux premiers s’occupaient de la préparation technique. Quand je quitte l’entraînement de la sélection nationale au Palais des sports Salamatou Maïga, je vais au Kala sport pour travailler pendant au moins une heure. Je remercie la Fédération malienne de taekwondo de son soutien. Certains athlètes préparent les éliminatoires pendant quatre ans. Par contre, moi, j’ai fait au maximum deux mois de préparation.
Quelle appréciation faites-vous du niveau du taekwondo malien ?
Seydou Fofana : Au Mali, les athlètes sont bien formés techniquement, physiquement. Nous avons de grands maîtres, mais nous avons un problème de financement. Si le taekwondo malien est financièrement soutenu, nous ramènerons tous les trophées au Mali. Nous avons toutes les catégories et chacun peut remporter des trophées. Au Mali, nous avons, aussi, un problème de compétition. Nous nous entraînons bien à domicile, mais c’est insuffisant, si nous ne faisons pas des compétitions internationales. Il faut se frotter aux autres athlètes pour avoir de l’expérience. Nous nous inscrivons aux compétitions, mais à la dernière minute, il n’y a pas les moyens pour participer. Cela décourage un peu les athlètes.
L’Essor : Comment êtes-vous entré dans le monde du taekwondo ?
Seydou Fofana : J’ai débuté le taekwondo en 2003, au centre Kala sport 2000 avec maître Yacouba Samaké, ceinture noire 6è dan. J’étais très jeune. J’ai effectué ma première compétition internationale en 2011, au Nigeria. C’était un Open international. Il fallait gagner sept combats pour remporter la compétition. J’ai perdu au 5è combat, c’est-à-dire, en quarts de finale contre le Nigérien, Ismaël. J’ai participé à plusieurs Open avec beaucoup de médailles. J’étais présent aux championnats d’Afrique en 2018 au Maroc où j’ai perdu en quarts de finale. Et au même stade lors des championnats du monde en 2017, en Corée du Sud. J’ai remporté le championnat d’Afrique militaire en 2019, en Côte d’Ivoire.
Interview réalisée par
Ladji M. DIABY

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