Sikasso : La psychose du coronavirus

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Une vue du centre commercial de la Cité du Kénédougou

Ville-carrefour, Sikasso a de la grande chance pour n’avoir pas encore enregistré un cas confirmé de coronavirus. Mais pour autant, la population prend des précautions pour éviter tant bien que mal cette terrible maladie.
Dans tous les grands services publics ou privés (administration, banques, hôpitaux), on a installé des kits de lavage de mains et de gels hydro alcooliques. Devant certaines banques, on aperçoit de longues files de clients qui sont obligés de se laver les mains et de les désinfecter avant d’être reçus. Mais, cela n’est pas du goût de tout le monde. Certains usagers estiment que le respect des mesures barrières est une perte de temps.
Au grand marché de Sikasso, le sexagénaire Seydou Ouattara gère une boutique de marchandises diverses. Il s’inquiète de son commerce quand on sait que la plupart des articles que nous consommons viennent souvent des pays les plus touchés par le coronavirus. Il pense que tôt ou tard, il y aura une rupture de produits importants sur nos marchés. Notre interlocuteur s’inquiète aussi du cas des billets de banque qui circulent entre les gens. Du coup, ils peuvent être facteur de propagation du virus dans notre pays.
Il faut reconnaître que dans les marchés de Sikasso, les gens ne respectent ni les gestes barrières, ni le lavage régulier des mains au savon.
Un notable du vieux quartier Mancourani de Sikasso pense que les dispositions de protection contre le coronavirus ne s’accommodent pas avec la culture sociétale malienne.
Selon plusieurs personnes que nous avons interrogées, le confinement des villes dans lesquelles il y a des cas de coronavirus est la meilleure solution pour éviter la propagation du virus dans le pays. D’autres préconisent la fermeture des lieux de culte et des marchés publics où les attroupements sont inévitables.
Certaines compagnies de transport de Sikasso ont ralenti leurs activités estimant qu’ils ne peuvent pas s’en sortir en respectant la distance d’un mètre entre les passagers dans le véhicule.
Sur les réseaux sociaux, les recettes de protection et de lutte contre
cette pandémie foisonnent. L’ail mélangé au miel, l’eau bouillante aspirée, beurre de karité, Aloe vera, tout est proposé aux populations pour se prévenir de cette pandémie qui a paralysé le monde entier.
À Sikasso, la population en grande partie se méfie surtout des gens venus des pays infectés. La psychose du coronavirus a aussi joué sur le taux de participation aux élections de dimanche dernier.

Fousseyni DIABATÉ
Amap-Sikasso

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