Sikasso : Les autorités régionales cherchent à ramener le calme

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Une rencontre autour de la désobéissance civile qui a paralysé les services vitaux de l’Etat dans la Capitale du Kénédougou, a regroupé vendredi à Sikasso, le chef de l’exécutif régional Boubacar Bagayoko, entouré de ses proches collaborateurs, le préfet du Cercle, les services de sécurité, le représentant du tribunal, certains services régionaux, des chefs traditionnels, les communicateurs traditionnels et la société civile.

Au cours de la rencontre, un large tour d’horizon a été fait sur le déroulement de ce mouvement qui a joué sur le bon fonctionnement des services publics. Pour le gouverneur de région, le constat n’est pas reluisant à Sikasso car les organisateurs de la désobéissance civile ont fait sortir les travailleurs de plusieurs services vitaux comme l’EDM, la Somagep, les Impôts, le Trésor, l’Urbanisme, le Conseil régional, le Tribunal. Signe des préjudices occasionnés par la désobéissance civile : lorsque des représentants du M5 ont demandé la fermeture du tribunal, des jeunes y étaient regroupés pour chercher des casiers judiciaires et des certificats de nationalité afin de constituer leurs dossiers pour participer à un concours dont la date limite de dépôt de candidature venait à échéance le lendemain.

Il a fallu beaucoup de tractations pour convaincre les contestataires de laisser ces candidats tenter leur chance au concours. «Notre liberté s’arrête là où commence celle d’autrui», a rappelé le gouverneur qui a lancé aussi un cri de cœur aux contestataires pour qu’ils préservent la tranquillité et la stabilité dans la localité. Il a invité les notabilités et les parents des jeunes à s’impliquer pour que les manifestations n’empiètent pas sur le bon fonctionnement des activités de la localité. La désobéissance civile est un droit volontaire et personnel, a encore précisé le chef de l’exécutif régional.

À l’issue des débats, les participants ont reconnu le droit à la désobéissance civile avant d’ajouter qu’elle doit être volontaire et personnelle sans contraindre tout le monde à suivre le mouvement. Enfin, les religieux et les notabilités ont été invités à s’impliquer davantage auprès des auteurs, pour préserver la paix et la stabilité dans la Capitale du Kénédougou.

Les autorités entendent agir pour stopper les perturbations au niveau des services publics. C’est dans ce sens que le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a donné des instructions aux gouverneurs de régions et celui du District de Bamako, aux préfets, aux sous-préfets et aux maires. Ainsi dans une note qui leur a été envoyée, le ministre Boubacar Alpha Bah rappelle que «si dans un premier temps, les acteurs du mouvement ont opté pour des opérations sur les voies publiques, depuis la fin de la trêve qu’ils observaient à l’occasion de la fête de l’Aïd el Kébir, la stratégie développée consiste à occuper les services publics et à empêcher les agents de travailler».

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation instruit que «face à cette situation, il leur demande de prendre toutes les dispositions, conformément aux lois et règlements en vigueur, pour assurer la continuité des services publics relevant de leurs ressorts respectifs». L’État doit continuer à assurer le fonctionnement régulier des services publics et à rendre aux citoyens les prestations qu’ils sont en droit d’attendre de lui, poursuit le ministre Boubacar Alpha Bah qui indique que des dispositifs de sécurité adaptés à la situation doivent être mis en place de concert avec les forces de sécurité. «Les chefs de services assurent la continuité du service public. En cas de présence massive des manifestants, toute confrontation doit être évitée par la fermeture des bureaux pour protéger les biens de l’État», ajoute le ministre dans sa correspondance.

Le ministre Boubacar Alpha Bah rappelle enfin que «les personnes qui ne s’abstiennent pas de porter atteinte au bien public ou à l’intégrité physique des agents publics engagent leur responsabilité pénale et civile au regard des incidents et accidents qui surviendraient au cours des manifestations. Des dispositions doivent immédiatement être prises pour qu’elles répondent de ces actes».

Fousseyni Diabaté
Amap-Sikasso

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