Sikasso : un projet pour valoriser l’anacarde

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Le lancement officiel du projet d’autonomisation économique et sociale des femmes de la région de Sikasso, à travers la transformation et la commercialisation de l’anacarde, a regroupé, jeudi dernier dans la Capitale du Kénédougou, autorités régionales, représentants des services techniques, présidents des conseils de cercle de Bougouni, Kolondiéba, Sikasso, Kadiolo et nombreux invités.
Le projet vise à promouvoir et à consolider l’autonomisation économique et sociale des femmes de la région de Sikasso, en renforçant leur participation dans la chaine de valeur de l’anacarde. Pour un coût global de 1,1 milliard de Fcfa, il durera 4 ans (mars 2019-février 2023) et abordera la problématique dans trois domaines indépendants. Il s’agit du domaine de l’économie rurale où un soutien direct sera fait aux femmes rurales organisées pour la transformation et la commercialisation des produits dérivés de l’anacarde. Le deuxième domaine est celui de la nutrition, où le projet assurera la promotion de l’anacarde et de ses produits dérivés à haute valeur nutritive dans les habitudes alimentaires des ménages. Le dernier domaine concerne les droits sexuels et activités reproductives des femmes de la région. Le programme facilitera la formation et l’information des femmes et renforcera les structures locales compétentes.
Comme zone d’intervention, le projet a ciblé 24 communes et 29 villages dans les cercles de Bougouni, Kolondiéba, Kadiolo et Sikasso. Dans ces localités, il est destiné à plus de 3. 000 femmes transformatrices membres des coopératives et d’entreprises agricoles, 920 filles et garçons de deux cantines scolaires, plus de 11.000 femmes et hommes appartenant aux 32 coopératives bénéficiaires qui participent activement aux campagnes de sensibilisation sur la planification familiale (PF) et la santé sexuelle et reproductive. Par ailleurs 15 centres de santé, fournissant du matériel pour les services de PF, sont aussi concernés.
Cet important projet financé par la Coopération espagnole sera mise en œuvre par des ONG maliennes (ORFED, AMASSA-Afrique Verte et CAEB) et espagnoles (Fondation CIDEAL et CONEMUND). L’objectif est, entre autres, d’expliquer les rôles et les responsabilités de chaque organisation du consortium, d’obtenir l’engagement des autorités publiques et des entités collaboratrices et d’annoncer les principales activités programmées pour l’année 2019. Ces informations ont été largement abordées par le conférencier, Dramane Keïta, et les autres membres des ONG chargées de la mise en œuvre du projet. Au cours des débats présidés par la conseillère aux affaires financières et économiques du gouverneur de Sikasso, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, le cadre de collaboration qui liera les services techniques régionaux à ce nouveau projet novateur, a été largement élucidé ainsi que la stratégie pour l’écoulement et la labélisation des produits dérivés de la pomme d’anacarde.
Les préoccupations ont porté également sur la consommation du lait et du jus de la pomme d’anacarde que certains milieux africains trouvent dangereux pour la santé. Mme Touré Kankou Soumounou de l’ONG AMASSA-Afrique Verte a démenti cette assertion qui n’a aucun fondement scientifique. Selon elle, plusieurs expériences ont été effectuées au cours des rencontres, où les deux produits ont été consommés concomitamment sans aucun danger.
La représentante du gouverneur a remercié la Coopération espagnole (AECID) pour la prise en charge du volet autonomisation des femmes au cœur de la production agricole. Malgré cet important rôle, les femmes demeurent exclues du fait de leur faible accès aux facteurs et ressources de production, a-t-elle indiqué avant de rassurer les acteurs du projet de l’accompagnement des autorités afin que les objectifs assignés au projet soient atteints.
Fousseyni DIABATÉ
AMAP-Sikasso

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