Situation du Mali à l’ONU : La priorité demeure la poursuite du processus de paix et la lutte contre le terrorisme

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Au cours de la rencontre organisée par visioconférence, les échanges ont porté sur les actions menées dans le cadre de la recherche de la paix dans notre pays. Mais aussi sur la lutte contre le coronavirus, les élections législatives et la prise d’otage du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé

La menace du coronavirus est un défi mondial et sa lutte est une exigence internationale. Mais cela ne doit pas laisser de côté, l’impérieuse nécessité de continuer le processus de stabilisation, de paix au Mali et la lutte contre le terrorisme international. C’est ce qu’a déclaré Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale au cours d’une visioconférence avec les membres du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée, mardi dernier, à la situation dans notre pays.
En effet, tous les trois mois, le secrétaire général des Nations unies soumet à l’attention du Conseil de sécurité, un rapport sur la situation du Mali. Lequel rapport donne lieu à des échanges entre les 15 membres du Conseil de sécurité. Le gouvernement y prend part. Le dernier rapport a été examiné en janvier dernier.
Premier à intervenir au cours de cette vidéoconférence, le chef de la Minusma a présenté le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies sur le Mali à un moment où le monde entier fait face à la pandémie du Covid-19 qui n’épargne pas notre pays. Selon Mahamat Saleh Annadif, cela a amené la Minusma et l’équipe pays des Nations unies à élaborer un plan de contingence avec différents scénarios permettant au plus grand nombre de continuer à travailler à distance. Malgré ces conditions exceptionnelles, a-t-il dit, la Minusma continue d’accomplir sa mission, conformément à la résolution 2480.
D’après Mahamat Saleh Annadif, les deux priorités sont la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et l’appui au cadre politique de la gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou. Ceci, en ce qui concerne la protection des civils, la réduction des violences intercommunautaires, le renforcement de la présence de l’État et le rétablissement des services sociaux de base. Le chef de la Minusma a évoqué les derniers développements intervenus dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord. Il s’agit notamment du redéploiement des premières unités de l’Armée reconstituée dans les Régions du Nord, de la visite du Premier ministre à Kidal, Tessalit, Aguelhok. Il a touché du doigt la reprise des activités du Comité de suivi de l’Accord, la tenue du 1er tour des élections législatives dans un climat apaisé même s’il a été assombri par l’enlèvement du chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé.

Pour la Région de Mopti, ajoutera Mahamat Saleh Annadif, la Force a continué l’opération ‘’Buffalo’’ pour une meilleure protection des civils et mis en place des bases d’opérations temporaires aux alentours des localités sensibles. Avec le soutien de la Minusma, les autorités maliennes ont poursuivi les initiatives de dialogue et de réconciliation. Il a rappelé la visite du Premier ministre dans ladite région au cours de laquelle, il avait ordonné le démantèlement des postes de contrôle installés par des milices le long de la route principale Mopti-Bankass. Avant de souhaiter que des actes concrets de lutte contre l’impunité soient posés, car le nombre de personnes déplacées continue d’augmenter, atteignant 218.000 personnes en mars 2020 contre 199.385 en novembre 2019. Le chef de la Minusma a conclu que la situation au Mali est marquée par de nombreux défis, dont la sécurité et le bien-être du personnel onusien, mais aussi par des réels espoirs grâce aux capacités de résilience du peuple malien.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a indiqué que cette visioconférence consistait à donner la perspective du Mali, à exprimer notre reconnaissance à la communauté des Nations et à «dire merci aux pays contributeurs de troupes et à tous ceux dont les ressortissants viennent par solidarité nous aider à stabiliser notre pays». Pour lui, c’était l’occasion aussi de souligner que, bénéficiaire de la solidarité internationale, le peuple malien lui-même fait de gros efforts pour contribuer à la stabilisation de la situation.
«Nous avons souligné parmi ces efforts, la tenue du Dialogue national inclusif qui a ouvert la voie au succès de la réunion du Comité de suivi de l’Accord (CSA) du mois de janvier qui était historique et qui a permis le déploiement du premier bataillon de l’armée nationale inclusive», a indiqué Tiebilé Dramé. Il en a appelé à la communauté internationale pour qu’elle continue ses efforts pour une paix durable au Mali afin que le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration puisse continuer en mode accéléré. L’objectif étant d’arriver au désarmement complet des forces de l’ancienne rébellion pour une paix durable dans notre pays.
Aussi, lors des échanges, le ministre Dramé a signalé la participation de nos frères du Nord au 1er tour des élections législatives. Il a été également question de la menace de la maladie à coronavirus qui est un défi mondial. Il a exprimé le vœu que la lutte contre le coronavirus; qui est une exigence internationale ne laisse pas sur le quai, l’impérieuse nécessité de continuer le processus de stabilisation, de paix et la lutte contre le terrorisme international. Le chef de la diplomatie malienne a saisi l’occasion pour saluer l’engagement des Forces armées maliennes, mais aussi de leurs camarades des pays du G5 Sahel, de Barkhane, de Takuba.
Par ailleurs, Tiébilé Dramé a indiqué que l’enlèvement de Soumaïla Cissé a été évoqué par tous les participants. D’après lui, c’était l’occasion de dire combien la question est suivie au plus haut niveau de l’état. à cet effet, il a assuré que tout est en cours pour parvenir à la libération effective du chef de file de l’opposition et de son dernier compagnon.

Dieudonné DIAMA

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