Solidarité : MEME LA MOITIE D’UNE DATTE OU UNE BONNE PAROLE

0
1058

Dans nos communautés, l’on s’est habitué, à la sortie des lieux de culte, au spectacle de personnes sans condition faisant appel à la générosité des fidèles à différents moments de la journée. Les uns et les autres évoquent les principes fondamentaux de la religion musulmane fondée sur la solidarité entre ses adeptes, l’assistance à plus démuni que soi. Ils relayent en cela les recommandations des oulémas qui, dans leur exégèse en relatent les mérites. De multiples passages des prescriptions coraniques, des hadiths explicitent ainsi la nécessité pour le fidèle musulman de faire preuve de générosité à l’égard de son prochain. Il n’est point besoin pour cela d’être, soulignent-il, particulièrement fortuné. Celui qui donne en aumône la valeur d’une datte prélevée sur un gain licite, car Dieu n’accepte que le licite, verra son œuvre agréée. Pour soutenir cet effort, les oulémas indiquent que cet investissement sera fructifié à l’image d’un poulain que son propriétaire entretient jusqu’à ce qu’il atteigne les meilleures proportions.
Cependant, préviennent-ils, le fidèle devrait garder à l’esprit qu’il est un temps pour chaque chose. Car, dans l’existence humaine, l’imprévu peut intervenir à chaque pas, décaler ou compromettre à jamais l’agenda le mieux calibré. Il serait ainsi vain pour lui de s’en rappeler uniquement lorsqu’il est éprouvé. «Des jours viendront où l’homme marchera en portant son aumône, mais ne trouvera personne pour l’accepter,» est-il dit. Il sera répondu à celui qui la proposera : «Si tu l’avais apportée hier, je l’aurai acceptée. Mais aujourd’hui, elle ne sert plus à rien». Selon un hadith du Messager (PSL) il est préconisé que chacun se prémunisse, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte. S’il n’en trouve pas, qu’il le fasse avec une bonne parole».
La posture de l’homme est ainsi évoquée dans le Saint Coran : « Quant à l’homme, lorsque son Seigneur l’éprouve en l’honorant et en le comblant de bienfaits, il dit : ‘Mon Seigneur m’a honoré’. Mais par contre, lorsqu’il est éprouvé dans sa subsistance, il se plaint en disant : ‘Mon Seigneur m’a avili !’ Ô que non ! C’est vous plutôt, qui n’êtes pas généreux envers les orphelins ; qui ne vous incitez pas mutuellement à nourrir le pauvre, qui dévorez l’héritage avec une avidité vorace, et aimez les richesses d’un amour sans bornes (89:15-20).
En exhortant les fidèles musulmans à l’œuvre de compassion, d’assistance à son prochain et non pas à la formalité du geste alibi, les théologiens distinguent, selon les prescriptions, les catégories devant en bénéficier. «Les aumônes reviennent de droit aux pauvres et aux nécessiteux, à ceux qui sont chargés de les recueillir, à ceux dont les cœurs sont à gagner à l’islam, et qu’il y a lieu d’encourager, à l’affranchissement des jougs, à ceux accablés de dettes, à la lutte dans la voie de Dieu et au voyageur en détresse. Voilà ce que Dieu a prescrit. Dieu est omniscient, toute sagesse » (9:60).
Les préceptes de l’islam valorisent cependant en toute première place le travail licite permettant à l’homme de subsister à la sueur de son front. Selon un hadith à ce propos : «quiconque s’abstient de demander, Dieu lui préservera sa dignité et quiconque s’en passe, il l’enrichira. A celui qui se résigne sera accordé la patience et personne n’a été gratifié d’un don meilleur et plus large que la patience».
 
A K. CISSé

Laisser une réponse