Sommet de l’Union africaine à Niamey : UN GRAND PAS VERS LE MARCHÉ UNIQUE AFRICAIN

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A l’issue de la conférence, le Ghana a été choisi pour abriter le secrétariat général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) dont la phase opérationnelle a été lancée par les chefs d’Etat et
de gouvernement. La date de démarrage des échanges dans le cadre de ce projet est fixée au 1er juillet 2020

Les travaux du 12è sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) à Niamey auxquels a participé le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, ont été sanctionnés hier par une conférence de presse co-animée par le présidents nigérien, Issoufou Mahamadou, son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi et le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.
Le président en exercice de l’Union africaine, le général Al-Sissi, a confié que cette conférence a permis de réaliser beaucoup de choses, notamment le lancement de la phase opérationnelle  de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). « Nous allons considérer ce sommet comme étant l’un des plus importants dans le cadre de l’action africaine commune. Et ce sera également un tournant décisif pour réaliser le bien-être des populations des pays africains à travers la mise en œuvre de la convention de la zone de libre-échange», a-t-il développé.
De son côté, le président du Niger, Issoufou Mahamadou, a indiqué que ce sommet a défini une espèce de feuille de route pour la suite, indiquant qu’un certain nombre d’instruments ont été lancés. Désormais, a assuré l’hôte de la conférence, la commission chargée du commerce et celle de l’Union africaine vont travailler pour rendre opérationnels ces instruments.
Par ailleurs, Issoufou Mahamadou a annoncé qu’après la finalisation de la première phase de la Zone de libre-échange, les dirigeants du continent vont désormais s’attaquer à celle sur les investissements, sur la concurrence et la propriété  intellectuelle. A ce niveau, a-t-il précisé, il y a des échéances qui ont été définies et des dates fixées auxquelles doivent se soumettre les négociateurs, les ministres du Commerce, le commissaire au commerce.

UN VIEUX RÊVE – Au nombre des principales décisions du sommet de Niamey, on retiendra que c’est le Ghana qui a été choisi pour abriter le secrétariat général de la ZLEC. La date de démarrage des échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale est fixée au 1er juillet 2020. En 2020, devra être bouclée la deuxième phase des négociations. Le 7 juillet, date du lancement de la phase opérationnelle de la ZLEC, est désormais consacré «Journée de l’intégration africaine».
Le ministre de l’Intégration africaine, Me Baber Gano, a soutenu que c’est un grand pas qui vient d’être franchi par les chefs d’Etat dans la réalisation du vieux rêve d’un marché commun. Ce sommet, a-t-il poursuivi,  a été une grande réussite, estimant que cette attente des Africains va réunir 1,2 milliard de personnes à ce jour pour une mobilisation de plus de 3,5 milliards de dollars. Pour lui, l’unité africaine, tant souhaitée par les pères fondateurs de l’organisation continentale, doit avancer.
Pour le Mali, expliquera le ministre de l’Intégration africaine, c’est le secteur privé qui doit se préparer, soulignant que le commerce de certains produits comme le coton et l’or sera valorisé sur le marché africain. « Le taux de commercialisation de nos produits va être élevé, le secteur privé va être dynamique. Cela donnera beaucoup plus d’opportunités aux commerçants et à tous ceux qui sont dans l’exportation et dans les échanges », a-t-il argumenté.
Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ag Erlaf, on peut dire que le Marché unique africain est né à partir de la rencontre de Niamey.  Pour lui, le Mali gagne l’élargissement de son propre marché et celui de la Cedeao dont il est déjà membre. En outre, Mohamed Ag Erlaf a indiqué que Niamey est le début de la réalisation d’une partie du processus de la mise en œuvre de la ZLEC. Le Mali, a-t-il dit, va d’abord identifier tous les secteurs où il pense qu’il est concurrentiel : élevage, agriculture, mines qui peuvent bénéficier de l’élargissement du marché et contribuer aux échanges interafricains de manière significative dans les prochaines années.

Envoyé spécial
Massa SIDIBE

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