Sommet extraordinaire du G5 Sahel à Niamey : Union sacrée contre le terrorisme

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Avant l’ouverture du sommet, les chefs d’État ont salué la mémoire des 71 militaires tués à Inatès

La rencontre s’est penchée sur la sophistication des équipements utilisés par les assaillants, la coordination des actions militaires, le renforcement de la Minusma et l’inscription du G5 Sahel sous le chapitre 7 des Nations unies

Quatre jours après la cérémonie funèbre d’inhumation des 71 soldats nigériens sauvagement tués lors de l’attaque barbare de leur caserne à Inatès par des forces obscurantistes, l’émotion était encore palpable sur les visages, hier à Niamey. C’est en signe de solidarité avec les frères du Niger que les chefs d’État du G5 Sahel : Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Issoufou Mahamadou du Niger, Idriss Deby Itno du Tchad, Mohamed Ould Cheickh Mohamed Ahmed El-Ghazouani de la Mauritanie et Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, président en exercice de la Conférence des chefs d’État de l’Organisation, ont décidé de délocaliser à Niamey leur réunion extraordinaire, initialement prévue à Ouagadougou.
Avant l’ouverture du sommet au Palais des congrès de Niamey, les présidents Ibrahim Boubacar Keïta, Idriss Deby Itno et Roch Marc Christian Kaboré, arrivés les premiers à Niamey, ont salué la mémoire des 71 militaires tués à Inatès au Carré des martyrs aménagé pour la circonstance à l’intérieur de la base de l’Armée de l’air nigérienne. Ils y ont été accompagnés par leur hôte nigérien, Mahamadou Issoufou.
Le président burkinabé a tenu à placer l’événement dans son double contexte, à savoir la présentation de condoléances des peuples du G5 Sahel à leurs frères et sœurs du Niger et la tenue de la réunion extraordinaire, placée sous le signe de la mutualisation des efforts contre le terrorisme dans le Sahel.
Le président du Faso a ainsi rappelé la nécessité pour les pays sahéliens de mutualiser leurs efforts pour vaincre les ennemis de la paix. «Les attaques sans cesse perpétrées par les groupes terroristes dans notre espace nous rappellent non seulement l’extrême gravité de la situation mais aussi, l’urgence de travailler davantage en synergie pour faire face à ces barbaries d’une autre époque. Il importe donc que nos efforts quotidiens tendent à raffermir notre unité, et surtout, à préserver l’essentiel : la paix et la stabilité garantes d’un développement durable et du bien-être de nos laborieuses populations… », a-t-il déclaré.

DANS LE RESPECT MUTUEL-
Roch Marc Christian Kaboré a soutenu que le soutien des partenaires devra se faire dans le respect mutuel. « Il reste entendu que le soutien de l’ensemble des États de la région ainsi que de l’ensemble de la communauté internationale, sera déterminant pour l’aboutissement de notre combat… », a-t-il ajouté avant de remercier les partenaires. « C’est le lieu pour moi de remercier tous les pays et institutions partenaires, pour le soutien qu’ils continuent d’apporter aux efforts et actions du G5 Sahel, de façon bilatérale et multilatérale. »
Le président du Niger a introduit son intervention par le rappel de la gravité de la menace eu égard à la sophistication des moyens utilisés par les assaillants qui sont devenus de vrais professionnels. Ce qui fait que la menace augmente et en intensité contre les positions des armées.
Les assassinats des chefs coutumiers et les enlèvements se multiplient au Mali, au Burkina et au Niger. « Et le pire, l’ennemi a réussi à nous mettre dos-à-dos et à créer un fossé entre nos peuples et nos alliés. Or en ce moment précis, nos pays ont plutôt besoin de plus d’amis et non en moins », a soutenu le président nigérien. Mahamadou Issoufou a plaidé pour une large appréhension du phénomène par les opinions publiques dans nos pays.
Aussi a-t-il salué l’Uemoa qui a mis à la disposition des trois pays du champ (Mali, Burkina Faso et le Niger) une enveloppe d’environ 55 milliards de Fcfa. Dans le même ordre d’idées, il a rappelé à la Cedeao la nécessité de tenir sa promesse de soutien à nos pays, qui paient le prix fort à cette insécurité. Pour terminer, il a réitéré son appel à la communauté internationale, à jouer pleinement sa partition dans la lutte eu égard à la mauvaise décision d’intervenir en Libye. Ce qui a engendré la situation que nous vivons. Il a également plaidé pour le placement du G5 Sahel sous le chapitre 7 des Nations unies et le renforcement de la capacité d’intervention de la Minusma.

Envoyé spécial
Amadou Oumar DIALLO

1 comment

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    Segoudah 16 décembre, 2019 àt 13:27 Répondre

    DES PROPOS FORTS ENCOURAGEANT MRS LES PRÉSIDENTS MAIS N’OUBLIONS PAS QUI FOURNI CES ARMEMENTS SOPHISTIQUES?
    LES AFRICAINS N’EN FABRIQUENT PAS.

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