Sortie de crise : Le président de la République résolu à agir

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À l’occasion de la prière de l’Aïd el Kebir, l’imam a, dans son sermon, insisté sur le pardon entre les fils du pays

À l’instar de nombreux pays musulmans, le Mali a célébré ce vendredi la fête de l’Aid el Kébir, communément appelée la Tabaski. Comme ce fut le cas lors de la fête de l’Aïd el-fitr, il y a un peu plus de deux mois -contexte de Covid-19 oblige-, c’est dans la salle des banquets du Palais de Koulouba que le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta a prié. Ont pris part à la prière dirigée par l’imam du Palais présidentiel, Abdrahamane Touré, le Premier ministre Boubou Cissé, les présidents d’institution de la République, les ministres du gouvernement restreint et les ambassadeurs des pays musulmans accrédités au Mali.

Preuve que le coronavirus est encore présent dans notre pays malgré une tendance à la baisse du nombre de personnes testées positives ces derniers temps, les fidèles musulmans qui se sont rendus à Koulouba étaient tenus au strict respect des mesures-barrières : port du masque, observation de la distanciation sociale…

Après les deux rakats, l’imam du Palais présidentiel a, dans son sermon, insisté sur le pardon, la cohésion et la concorde entre tous les fils du pays. En ce jour particulier, Abdrahamane Touré a formulé des prières et des bénédictions pour le Mali et pour celui qui le préside en ce moment.
 Prières et bénédictions, messages d’apaisement ont été les premiers mots prononcés par le président de la République devant la presse à la fin de la prière. Ibrahim Boubacar Keïta a souhaité à chaque Malien et à chaque Malienne une belle fête de l’Aid el Kébir.

Mettant la célébration de la fête de Tabaski dans son contexte, le chef de l’État a affirmé que la tenue jeudi dernier de la session du Conseil supérieur de la magistrature donne à espérer d’un Mali qui se redresse, qui se retrouve, qui se souvient et qui refuse la voie qu’on veut lui tracer. «Une voie de paix, de concorde et de développement qui seule lui convient», a-t-il développé.

Sur la même lancée, il a attesté que ce chemin lumineusement tracé par les magistrats a été conforté le jour de la fête par les prières et bénédictions qui ont été faites. Toutes choses qui renforceront la conviction du président de la République que ce qui prévaudra désormais, c’est un Mali de démocratie réelle, «non factice, un Mali de fraternité dans l’ordre et non le désordre».

Ibrahim Boubacar Keïta est ensuite longuement revenu sur les derniers développements de la situation sociopolitique du pays dont les actes de violences ont «assombri, quelque peu, cette fête». Il s’est, encore, incliné devant la mémoire des morts et annoncé que toute la lumière sera faite, par une enquête, sur les événements dramatiques de la mi-juillet.

Le président de la République a rappelé qu’il était du devoir de l’État d’assurer la sécurité des personnes et des biens. L’État y veillera dorénavant, a-t-il assuré. 
Et de lancer un appel afin qu’on ne détruise plus allègrement les biens publics et privés.

«Il est temps que l’on revienne à la raison», a exhorté le président Keïta. Très attaché aux principes démocratiques et républicains, Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé que la seule voie d’accès au pouvoir en République du Mali est celle des urnes.

Tel est son cas. Il a été élu par la majorité des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 2013 et réélu en 2018 pour un mandat de cinq ans. Réaffirmant sa double volonté d’ouverture et de sortie du statu quo, le président de la République a déclaré qu’il suivrait «avec rigueur la feuille de route que nous nous sommes fixée».

Aussi, rappellera-t-il avoir évoqué, bien avant la Cedeao, la formation d’un gouvernement d’union nationale, pour aller dans le sens de l’apaisement. Et d’annoncer que l’équipe gouvernementale restreinte sera complétée dans les jours à venir.
Aussi, le président Keïta a souhaité un hivernage paisible dans notre pays, «avec moins de dégâts des eaux ; mais des eaux bienfaisantes, apaisantes, nourrissantes pour notre peuple laborieux qui en a besoin».

Comme on pouvait s’y attendre, Ibrahim Boubacar Keïta a eu «la pensée la plus fraternellement émue pour son jeune frère Soumaïla Cissé» qu’il eût voulu à ses côtés pour la prière de l’Aid el Kébir. En tous les cas, a-t-il rassuré, tout est mis en œuvre, pour qu’il revienne sain et sauf parmi nous, dans les meilleurs délais. «C’est le rôle de l’État, c’est le devoir de l’État et il s’y emploie nuit et jour», a conclu le chef de l’État.

Massa SIDIBÉ

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