Spécial 100 jours du Premier ministre, École : Le grand sauvetage

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Le Premier ministre donne le coup d’envoi du DEF, le 29 juillet 2019

Le gouvernement de mission dirigé par Dr Boubou Cissé est parvenu rapidement à trouver une solution à la crise scolaire. Ce qui a été un élément déclencheur pour beaucoup d’autres résultats positifs

Lundi 29 juillet 2019, le Premier ministre Boubou Cissé a donné le coup d’envoi de l’examen du diplôme d’études fondamentales au centre du Groupe scolaire «Mamadou Konaté» sur la rive gauche du district de Bamako, en présence du ministre de l’Education nationale et d’autres autorités scolaires. Un geste hautement symbolique et plein d’espoir, car beaucoup ne croyaient plus que l’année scolaire pouvait être sauvée, après 6 mois de grève des syndicats signataires du 15 octobre 2016. Cette crise était devenue insupportable pour tout le monde. Le désespoir était grand pour les parents qui ne supportaient plus de voir leurs enfants déambuler dans les rues à longueur de journée. Face au dialogue de sourd entre les grévistes et le gouvernement, bon nombre de nos concitoyens avaient franchement pensé à une année blanche.
Mais, l’exécutif n’avait pas encore dit son dernier mot. Au lendemain de la grande manifestation sociale du 5 avril à Bamako, le président de la République a décidé de prendre à bras le corps la crise de l’école.

Lors d’une rencontre avec les notabilités de la ville, Ibrahim Boubacar Keïta a invité les enseignants à reprendre le chemin de l’école, en contrepartie du paiement de leurs arriérés de salaire. Un premier geste d’apaisement qui a fait un effet dans le cœur des Maliens.

En effet, le 2 mai, un Accord politique de gouvernance a été signé entre le nouveau Premier ministre Boubou Cissé et plusieurs partis politiques, dont le chapitre IV est consacré à l’apaisement du climat social. L’urgence était de trouver une solution à la crise scolaire. Le 5 mai, un gouvernement de mission a été formé et le portefeuille de l’éducation nationale a été confié à Dr Témoré Tioulenta. La course contre la montre pour sauver l’école malienne était engagée.
Les conciliabules nocturnes se sont multipliés et les résultats n’ont pas tardé. Le samedi 18 mai 2019, à la Primature, le Premier ministre a présidé une rencontre autour de la crise scolaire.
Pendant plus de deux heures, les acteurs et partenaires de l’école, la Commission de bons offices, présidée par le Médiateur de la République, les représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, les représentants des familles fondatrices de Bamako, les confessions religieuses, le Conseil national de la société civile ont tous plaidé en faveur du dénouement de la crise.

Les syndicats grévistes ont finalement accepté l’offre du gouvernement sur le point 2, à savoir les 20.000 Fcfa de majoration de l’indemnité de résidence. Cette information qui annonçait la fin de la grève a été accueillie par des applaudissements nourris dans la salle. Dans l’après-midi, les parties se sont retrouvées au ministère de l’Education nationale pour la signature officielle du procès-verbal de conciliation. Le document a été paraphé par le ministre Témoré Tioulenta et les représentants des grévistes.

UNE STRATÉGIE- Après le retour des enseignants à l’école le 20 mai, que fallait-il faire pour sauver les meubles ? La réponse se trouve dans une interview exclusive que le ministre de l’Education nationale a accordée au quotidien national L’Essor du jeudi 30 mai. «…Notre mission est de sauver l’année scolaire. C’est dans ce cadre que nous avons réuni (lundi et mardi) les administrations scolaires.

Les directeurs des services centraux, les directeurs d’Académie, les directeurs de CAP et les directeurs d’école sont tous en train de travailler pour finaliser le processus par lequel nous allons renforcer les cours et les modalités d’aller aux examens. C’est vrai, on a perdu du temps, mais nous allons donner à nos enfants le nombre d’heures officiellement reconnues au niveau Uemoa pour qu’ils puissent passer un bac normal…», a-t-il dit.

«…Oui l’hivernage arrive, mais nous avons suffisamment d’intelligence pour que les cours soient bien organisés. Tous les parents d’élèves ont salué le retour à l’école. Je ne pense pas que ces mêmes parents vont emmener leurs enfants aux champs quand ils doivent venir à l’école. A l’évidence, un pédagogue apprécie l’environnement. S’il trouve qu’il y a eu de la pluie à un certain temps, il est censé trouver un autre temps plus clément pour donner son cours. Notre stratégie sera de dire : «voici le nombre d’heures qu’on doit livrer à un élève qui fait la classe terminale afin qu’il épuise son programme ». Maintenant au pédagogue, à l’administration scolaire, qui est dans son environnement, de savoir quand il pleut de trouver les formules qu’il faut pour que les cours puissent se dérouler…», a renchéri le ministre.

Comme Dr Témoré Tioulenta l’a souligné dans son interview, les professionnels de l’école ont mis en place une stratégie pour sauver l’année. Une feuille de route a été établie, laquelle a fixé le programme des examens de fin d’année. Après le DEF, le baccalauréat est prévu du 5 au 8 août 2019. Les examens des Instituts de formation des maîtres (IFM) auront lieu du 5 au 9 août 2019, les BT 1 et 2 du 19 au 23 août 2019. Le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) se tiendra du 26 au 29 août 2019, et le BT agro-pastoral du 2 au 6 septembre 2019.

Madiba Keïta
L’ESSOR

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