Spécial 22 septembre 2019: Subvention des intrants agricoles : Le Mali dans le peloton de tête en Afrique

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La décision du président de la République de porter la part de l’agriculture à 15% du budget national classe notre pays parmi les 20 nations sur la bonne voie dans le respect de l’engagement de Malabo pour la transformation de l’agriculture africaine d’ici à 2025

Sur une table basse en verre d’un bureau huppé au 2è étage du département de l’Agriculture, la carte géographique de la crise alimentaire mondiale 2007-2008 rappelle aux visiteurs, le souvenir de cette grave pénurie alimentaire occasionnée par une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base. La crise a été ressentie dans diverses régions du monde dont l’Afrique au sud du Sahara. Le Mali, comme de nombreux pays, s’en est prémuni en interdisant les exportations de céréales.

Si la mesure a déplu aux pays voisins qui dépendent de nos exportations de céréales, elle a mis tout de même le pays à l’abri des « émeutes de la faim » qui agiteront certains pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal.
En plus de la mesure d’urgence de freiner les exportations, le gouvernement a décidé de mener des actions à long terme pour prévenir d’éventuelles crises alimentaires. C’est ainsi que le Mali placera l’utilisation des engrais subventionnés au cœur de ses stratégies de développement agricole. Conformément aux résolutions adoptées lors du sommet spécial des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (tenu en juin 2006 à Abuja) sur l’augmentation de l’utilisation de l’engrais de 8 à 50 kg par hectare, le Mali avait mis en place un programme spécial dénommé « Initiative riz ». C’était lors de la campagne agricole 2008-2009.

L’objectif de ce programme était de faciliter l’accès des producteurs aux intrants afin de booster la production et la productivité agricoles en vue d’assurer l’autosuffisance en céréales qui constitue la base de l’alimentation des populations.

Selon le tableau de l’évolution des quantités d’engrais subventionnés, entre 2007 et 2019, l’on peut constater que 306,4 milliards de nos francs ont été dépensés pour la subvention des engrais. Résultat ? La production céréalière a augmenté de 9,7% entre 2007 et 2017, en passant de 5 millions de tonnes en 2008-2009 à plus de 10 millions en 2018-2019.

TAUX DE 40 À 60%- Par ailleurs, beaucoup de spécialistes ont relevé que l’accroissement des rendements en maïs est passé de 1,97 tonne à l’hectare à 2,73 tonnes de 2008 à 2017 et celui du riz de 2,10 tonnes en 2010 à 3,3 tonnes en 2017. Durant le même intervalle de temps, le taux d’utilisation des engrais et des semences sélectionnées a augmenté de 30%.

Pour Bocar Touré, membre de la commission de gestion du programme de subvention des équipements agricoles de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), l’Etat du Mali a fourni beaucoup d’efforts dans l’optique d’atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle. « Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, alors candidat à l’élection présidentielle s’est engagé à faire passer le taux de mécanisation de l’agriculture de 40 à 60%. Car en 2013, le taux d’équipement agricole de notre pays était à la traîne comparé à ceux de la sous-région, notamment l’espace Cedeao et Uemoa.

La première phase pilote a concerné 1000 tracteurs avec des puissances comprises entre 50 et 90 chevaux. La distribution de ces tracteurs a commencé en juin 2015 pour prendre fin en mars 2017. La seconde phase a été entamée en juin 2017 et concernait 300 tracteurs dont la presque totalité a été livrée. « La remise officielle des 42 derniers tracteurs fera l’objet d’une cérémonie », explique Bocar Touré.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta posera un autre acte salué par le monde rural. Alors que plusieurs pays signataires sont à la traîne par rapport à l’engagement de Maputo qui consiste à consacrer au moins 10% du budget national à l’agriculture, lui, vise plus haut : « je décide à partir de ce Conseil supérieur de l’agriculture d’allouer 15% du budget national à l’agriculture. J’instruis le gouvernement en actes concrets cette volonté présidentielle ». Cette résolution du chef de l’Etat, prise il y a 5 ans lors de la 5è session du Conseil supérieur de l’agriculture, a ravi de nombreux spécialistes, dont les professions agricoles du Mali.
Depuis, la mise en œuvre de l’engagement présidentiel d’allouer 15% du budget national au secteur agricole, a classé le Mali en deuxième position parmi les 20 sur la bonne voie dans le respect de l’engagement de Malabo pour la transformation de l’agriculture africaine d’ici à 2025, selon le projet de plan triennal de campagne agricole 2019-2020-2021.

Khalifa Diakité
L’ESSOR

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