Supplément culture:Gaoussou Fofana «NOUS COMPTONS SUR LE TOURISME LOCAL»

0
270

Le directeur régional du tourisme et de l’hôtellerie de Ségou estime que la promotion des visites des sites touristiques par les scolaires, les universitaires et même les citoyens lambda permettra de pallier l’absence des touristes étrangers pour cause d’insécurité.
Les acteurs de l’activité touristique de la cité des Balazans (promoteurs d’hôtels, d’agences de voyages, vendeurs de produits artisanaux et guides touristiques), traversent une période de vaches maigres. En réalité, depuis la crise multidimensionnelle de 2012, le secteur du tourisme est en berne. La direction régionale du tourisme et de l’hôtellerie de Ségou, créée le 14 octobre 2014 par décret dans le cadre de la mutation institutionnelle et la restructuration de l’Omatho ne fait pas exception.
Cette structure constitue le maillon essentiel dans la prospection et la mise en valeur des ressources touristiques, l’information et l’orientation des professionnels du secteur et autres visiteurs au niveau régional, la collecte des données relatives aux statistiques et aux potentialités touristiques et hôtelières, la mise en œuvre et le suivi des stratégies, programmes et projets de développement, la vulgarisation des données statistiques et résultats des études et recherches dans le secteur au niveau de Ségou. Même si au titre de l’année 2017, la direction régionale du tourisme et de l’hôtellerie a enregistré comme nombre total d’arrivées des visiteurs nationaux et internationaux 6546 et 13771 nuitées. En 2018, le chiffre a connu une nette augmentation de 8336 contre 15710. Néanmoins, ces résultats patents sont évidemment loin de refléter le potentiel réel de la destination Mali.
Selon le directeur régional du tourisme et de l’hôtellerie, Gaoussou Fofana, le secteur du tourisme est plongé dans une crise sans précédent. Aujourd’hui, dira-t-il, la première difficulté demeure le souci sécuritaire. A ce propos, Gaoussou Fofana a déclaré qu’il était important de pallier le déficit de communication, pour informer l’opinion nationale et internationale de la réalité du terrain, car ce ne sont pas toutes les zones du pays qui sont interdites de visite. D’après lui, la seconde contrainte est liée à l’insuffisance notoire de l’enveloppe financière allouée au ministère de l’Artisanat et du Tourisme qui ne permet pas au département de mener à bien ses missions régaliennes. Parlant de la relance du secteur, Gaoussou Fofana précise que sa direction s’attèle à la tâche en développant un certain nombre de projets structurants qui sont soumis aux partenaires techniques et financiers (PTF) afin de les réaliser. «Il est important que nous développions des capacités de résilience, pour faire face à cette crise. On ignore quand est ce qu’elle prendra fin. Il y a lieu de s’adapter et d’aller avec des solutions alternatives», a-t-il suggéré.
Avant même le déclenchement de la crise, la politique de développement du secteur était basée sur le tourisme international, a concédé Gaoussou Fofana, ajoutant que la destination Mali est boudée par les touristes internationaux qui constituent la principale clientèle. «Avec ce problème, nous avons vu la nécessité de changer notre fusil d’épaule. C’est pour cette raison que nous sommes en train d’aller vers le développement du tourisme local à travers les scolaires, universitaires et la visite des Maliens au niveau de nos différents sites touristiques», a signalé M. Fofana, tout en rappelant que des conventions de partenariat ont été scellées avec l’Université de Ségou et l’Office du Niger.
Dans le cadre du jumelage Ségou-Angoulême, plusieurs concessions en banco dans le quartier Somono ont été restaurées. Pour Gaoussou Fofana, l’initiative aurait été plus viable et acceptable dans le village de Ségou-Koro. «En réalité, Ségou est une grande ville de nos jours. Il n’est pas évident que ses habitats puissent demeurer à l’état embryonnaire, tandis qu’au village, si la population locale jouit des bénéfices de ce patrimoine à travers les visites des touristes, forcément ils prendront soin», a-t-il fait remarquer.
En outre, le directeur régional estime que la concrétisation du projet «Biton Blon» permettra assurément de faire rayonner ce village et d’émerveiller les touristes. Même si les sept vestibules de Biton Coulibaly ont été réhabilités par le ministère de l’Artisanat et du Tourisme, sa structure ambitionne de construire une buvette et un musée Bamanan. Cependant, le budget étant faible, il est difficile de concrétiser ce projet. Pour Gaoussou Fofana, l’avenir du pays repose en grande partie sur le développement du secteur du tourisme. «Aucun pays ne peut croître sans mettre en valeur ses potentialités culturelles», a-t-il soutenu, tout en citant le Japon qui a su bien faire le mariage entre sa culture et les bonnes techniques de l’extérieur. «L’identité sur laquelle nous sommes reconnus, c’est notre culture qu’il faut amorcer pour avoir un réel développement et permettre aux Maliens d’avoir un regain d’attention pour la sauvegarde de ce patrimoine», a-t-il indiqué. Prenant la mesure des choses, la direction régionale de Ségou a élaboré un projet structurant dénommé «je connais mon pays» pour qu’il y ait un brassage entre les populations. Comme solution à l’essor véritable du secteur du tourisme, Gaoussou Fofana préconise l’appui au secteur et la promotion de l’écotourisme.
Mamadou SY
AMAP-Ségou

Laisser une réponse