Symposium sur Seydou Badian Kouyaté : bel hommage à une figure de proue de la littérature

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L’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), en partenariat avec l’ambassade de France dans notre pays, Nippon’s world service et l’Association des historiens du Mali, organise, depuis hier, à la cité universitaire de Kabala un symposium international consacré à Seydou Badian Kouyaté.
La cérémonie d’ouverture était présidée par le recteur de l’ULSHB, Dr Idrissa Soiba Traoré, en présence du président du comité d’organisation du symposium, Dr André Koné, et un beau parterre d’invités, Pr Doulaye Konaté, l’ancien ministre de la Culture Diadié Danioko, des doyens de facultés, enseignants chercheurs, écrivains et autres hommes de culture et des membres de la famille Kouyaté. Le symposium qui s’étendra jusqu’au 5 juillet entend rendre au hommage à Seydou Badian Kouyaté, figure emblématique de la littérature malienne, africaine voire mondiale. L’homme de lettres a séduit plus d’un par la finesse de ses analyses.
« En traditionaliste et observateur avisé, Seydou Badian à l’image d’Amadou Hampâté Ba, Cheikh H. Kane, Bernard B. Dadié, Joseph Ki Zerbo, Camara Laye et Abdou Moumouni, a apporté une contribution de taille au rayonnement culturel de notre pays, d’Afrique et simplement de l’humanité », a souligné Dr Idrissa Soiba Traoré. «C’est 90 ans de vie remplie au service de la nation et de l’Afrique. L’illustre homme n’appartient pas seulement à la médecine, il était sociologue anthologue, politologue, philosophe, bref une encyclopédie. S’il a voulu, à mon sens, les seringues au départ pour soigner les maux du corps, il a su que ce rôle serait incomplet tant qu’il ne prenait pas le stylo pour écrire des mots afin de faciliter la compréhension d’un pan entier de notre culture, de notre orientation et du sens de la construction nationale. Il appartient à toutes les disciplines».
Des communications seront faites par des enseignants, chercheurs maliens, africains et français. Le président du comité d’organisation a expliqué qu’avec le succès des éditions précédentes, le comité a souhaité lui rendre hommage en regroupant des chercheurs de divers horizons avec des thématiques qui célèbrent l’illustre disparu.
C’est avec une grande émotion que plusieurs personnes ont fait des témoignages sur le parcours et l’engagement de l’homme auprès de la jeunesse malienne et africaine.
Diadiè Danioko, Fakoly Doumbia, Pr Doulaye Konaté, Ismaël Samba Traoré, notre confrère Daouda Tékété ont rappelé la vie de l’homme, ses engagements et son amour pour le travail et son pays. Pour certains, Seydou Badian a été un panafricaniste hors pair et grand nationaliste.
«J’ai vu Seydou Badian pleurer quand il a appris des morts à Kidal», explique Toutou Diakité, assistante de l’illustre disparu. C’est pour attester son degré de nationalisme et du patriotisme. Pour certains, il mérite de figurer au panthéon des gloires pour récompenser son engagement pour sa patrie.
Plusieurs communications porteront sur l’homme, sa vision et ses œuvres. La thématique sur le sens de la construction nationale dans l’œuvre de Seydou Badian sera animée par le recteur de l’ULSHB. Un temps fort de la cérémonie a été le don de livres de Mme Safiatou Bâ : «L’émotion violente» à l’université et la présentation de la version bambara de «Sous l’orage». Seydou Badian qui naquit en 1928 a écrit «Sous l’orage», «La mort de Chaka» en 1957, «Les dirigeants africains face à leurs peuples» en 1965, «Le Sang des masques» en 1976, «Noces sacrées» en 1977 et «Saison des pièges» en 2007. Il s’est éteint en décembre 2018. Pour beaucoup d’hommes de culture, Seydou Badian Kouyaté n’est pas mort. Il vit à travers ses œuvres
Amadou SOW

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