Terrorisme et criminalité transfrontalière : Comment tarir les sources de financement

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Nombre de pays africains font actuellement face à de multiples menaces transversales et universelles comme le terrorisme. Cette importante question, dont dépend l’avenir du continent, est au centre des travaux de la 12è réunion des experts de l’Initiative d’Accra qui se tient depuis hier au Centre international de conférences de Bamako.
L’un des objectifs de la réunion, dont l’ouverture a été présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, est de passer en revue le protocole de partenariat entre les pays membres de l’Initiative et les industries de tabac en Afrique de l’Ouest.
Selon Samba Karim Timbo, expert en matière de sécurité, le tabac constitue l’une des sources fondamentales du financement du grand banditisme et du terrorisme.
Pour lui, afin de contrôler ce financement, il va falloir travailler en étroite collaboration avec les industries de tabac pour connaître les couloirs de gestion de ces produits. Et ce, dira-t-il, pour mettre fin au financement du grand banditisme ou du terrorisme par l’intermédiaire de la vente du tabac.
Cette réunion qui prend fin aujourd’hui, se tient au moment où les pays membres de l’Initiative d’Accra font face à des menaces transversales et universelles comme le terrorisme.
À l’ouverture des travaux, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a indiqué que la lutte contre le terrorisme appelle à une plus grande coopération entre les États, ajoutant que ceci est d’autant vrai que «nous vivons dans un bloc d’intégration où les biens et les personnes circulent librement, favorisant ainsi les crimes transfrontaliers et la libre circulation des terroristes».
Cela nous amène, selon le ministre Traoré, à intensifier les mesures de contrôle aux frontières et dans les territoires, sans toutefois remettre en cause le processus d’intégration qui est aujourd’hui irréversible.
En outre, Salif Traoré a invité les participants à convertir les réflexions et les échanges en pistes d’actions partagées, estimant que les défis à relever sont multiples. Il s’agira ainsi, a-t-il détaillé, d’assurer la fluidité des informations en temps réel entre les États membres, d’harmoniser les stratégies de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière ainsi que de réduire la vulnérabilité des populations et des infrastructures contre des actes terroristes.
«Le renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, et la promotion de la mise en œuvre de la police de proximité restent également en ligne de mire», a souligné le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, avant de réitérer l’engagement fort du gouvernement à soutenir toutes les initiatives allant dans le sens de la pérennisation des actions de l’Organisation.
Aux dires du ministre de la Sécurité et de la Protection civile,  les résultats des travaux de cette rencontre feront l’objet d’examen et d’adoption lors de la 6è réunion ministérielle de l’Initiative d’Accra prévue ce mercredi. Notons que cette rencontre offre l’occasion aux participants de faire l’étude du mémorandum d’entente établissant l’Initiative d’Accra qui connaîtra sa finalisation et son adoption. Il s’agit également pour eux d’adopter le logo de l’Initiative ainsi que le rapport bilan 2019 des activités.
Il convient de rappeler que l’Initiative d’Accra est un cadre de coopération entre le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo pour la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Son objectif général est de procéder au renforcement du dispositif de lutte contre le terrorisme et les autres formes de criminalité dans ses pays membres.

Bembablin DOUMBIA

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