Ticad VII : La déclaration de Yokohama 2019

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La Déclaration de Yokohama souligne que la Ticad VII s’est tenue dans un contexte global dynamique, marqué par une évolution rapide.

Elle rappelle aussi que le thème principal de la rencontre : «Promouvoir le développement de l’Afrique par le biais des peuples, de la technologie et de l’innovation», est en parfaite harmonie avec l’Agenda 2030 pour le développement durable, l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que les priorités continentales prises en compte dans ses programmes phares, à savoir la ZLEC, le protocole de l’UA relatif à la libre circulation des personnes, le Marché unique du transport aérien en Afrique, la Stratégie de la transformation numérique, le programme de développement des infrastructures en Afrique, le programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique, et le plan d’actions de l’UA pour le développement industriel accéléré de l’Afrique.

En effet, la Ticad VII pourrait être un levier de développement multiplicateur, contribuant au renforcement des échanges commerciaux et l’investissement, au renforcement des capacités et au développement des compétences.

La Déclaration note toute l’importance de placer «le peuple» au centre du développement et réaffirme l’importance des trois principaux piliers de la Ticad VII que sont : l’accélération de la transformation économique et l’amélioration de l’environnement des affaires par l’innovation et la participation du secteur privé ; la consolidation d’une société durable et résiliente ainsi que le renforcement de la paix et de la stabilité.

Elle note les progrès réalisés en Afrique ces dernières années, ainsi que les changements importants intervenus sur le continent et dans le monde depuis le début de la Ticad en 1993. En outre, les acteurs de la Ticad entendent poursuivre les principes directeurs de l’appropriation par l’Afrique, du partenariat international. Pour les participants, la Ticad doit s’aligner sur la vision africaine, telle que clairement exprimée dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine aussi bien que l’Agenda 2030 pour le développement durable.

UNE RELATION PARTICULIÈRE – Le sommet se félicite des efforts déployés par l’UA en faveur de l’intégration économique à travers l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). Il encourage la société civile et le secteur privé à poursuivre leurs efforts en vue de la réalisation des Objectifs de développement durable, tout en estimant que le partenariat public-privé reste incontournable dans le processus de développement.

Par ailleurs, la conférence se félicite de la transformation de l’Agence du NEPAD en Agence de développement de l’UA et de la création de l’Agence spatiale africaine visant à promouvoir la science, la technologie et l’innovation pour le développement durable de l’Afrique.

Aussi, la Déclaration salue la décision de l’UA de consacrer 2019, année des réfugiés et des personnes déplacées au plan interne, encourage le respect strict et la mise en œuvre intégrale des résolutions du Conseil de sécurité relatifs à la non prolifération notamment par le contrôle de l’importation et de l’exportation et la surveillance des armes légères. La Déclaration estime que la Ticad traduit une relation particulière entre le Japon et l’Afrique.

Cependant, malgré les progrès, la Déclaration déplore le fait que l’Afrique doit faire face à de nombreux défis qui risquent de compromettre ses acquis comme le réchauffement climatique, les migrations, les épidémies, la perte de la biodiversité, l’impact négatif d’autres régions du monde sur le continent comme les niveaux élevés d’émission de gaz à effet de serre, la prolifération et le trafic de drogue, les flux financiers illicites, etc.

La conférence salue le consensus du G20 sur la stabilité macroéconomique comme stipulée dans la déclaration des dirigeants du G20 d’Osaka et dans les principes du G20 pour des investissements dans des infrastructures de qualité, s’engage à soutenir l’agenda 2063 de l’UA et ses programmes et projets phares y compris l’Initiative «faire taire les armes» en Afrique à l’horizon 2020.

Tout en accordant la priorité au multilatéralisme et à la légitimité internationale, la Déclaration rappelle que la réforme du Conseil de sécurité doit être examinée de manière exhaustive, transparente et équilibré en s’attaquant aux cinq points clés notamment à la question du droit de véto.

Les acteurs de la Ticad VII reconnaissent l’injustice historique perpétrée à l’égard de l’Afrique en ce qui concerne sa représentation au Conseil de sécurité et apportent leur soutien à sa représentation entière à l’instance dirigeante de l’ONU.

Conformément aux déclarations précédentes, ils réaffirment la détermination de réformer de toute urgence le Conseil de sécurité des Nations unies, soulignent l’importance du renforcement de la sécurité et de la sûreté maritime à travers la coopération régionale et internationale, s’engage à mettre en œuvre le plan d’actions de Yokohama 2019 tout en continuant la mise en œuvre des mesures des plans d’actions des Ticad V et VI.

Le plan d’actions de Yokohama 2019 qui accompagne la Déclaration recense les mesures à mettre en œuvre par les partenaires de la Ticad afin de promouvoir les domaines prioritaires des trois principaux piliers de la Déclaration. Ce plan d’actions est un document évolutif qui sera mis à jour à tout moment après la Ticad VII par chaque partenaire de la rencontre.

Les participants remercient le Premier ministre Shinzo Abe, le peuple japonais et en particulier, la ville de Yokohama pour l’accueil chaleureux qui leur a été réservé. La Ticad VIII se tiendra en Afrique en 2022.

Envoyée spéciale
Fatoumata MAÏGA

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