Tombouctou : LA 3EME ÉDITION DU FESTIVAL DU VIVRE ENSEMBLE RENFORCE LES RELATIONS ENTRE LES COMMUNAUTÉS

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Le 8 février dernier, au stade municipal de Tombouctou, la Direction du Festival du Vivre Ensemble, en partenariat avec le Bureau régional de la MINUSMA à Tombouctou, a officiellement lancé la troisième édition par un grand concert. Le festival s’est poursuivi jusqu’au 12 février, animé par des débats citoyens, des conférences, des prestations musicales d’artistes de renommés nationales et internationales, des visites touristiques, des expositions artisanales et d’art, ainsi que des consultations médicales gratuites, offertes par le personnel en uniforme de la MINUSMA à cette occasion.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans une ambiance conviviale, en présence des autorités administratives et politiques de Tombouctou et Taoudénit, des représentants des associations Tabital Pulaaku et Djinna Dogon, venus pour la circonstance, ainsi que d’une délégation de la MINUSMA, conduite par le Chef de Bureau par intérim, Mamane Sani Moussa.

« Ouvrons-nous nos portes, ouvrons-nous nos cœurs, prenons-nous la main dans la main, faisons la paix pour que le monde entier nous regarde !», a lancé le parrain de l’évènement, Elhaje Baba Haidara dit Sandi, dans son discours d’ouverture.

Située aux portes du désert du Sahara, Tombouctou est l’une des villes d’Afrique dont le nom est le plus chargé d’Histoire : la cité dite des « 333 saints », ou encore « la mystérieuse », a vu le jour au Vème siècle. Elle a connu plusieurs invasions entre le XIIIème et le XVIIIème siècle, notamment Touareg, Songhaï, Marocaine, Peulh, Mossi. Chacun de ces peuples est venu avec ses traditions, habitudes, principes, mais ils se sont acceptés mutuellement et ce c’est qui a fait la valeur si spéciale de Tombouctou. « Le vivre ensemble est une tradition non pas à Tombouctou seulement, mais dans le Mali, nous devons l’entretenir », a fait entendre Salem Ould Elhaje, historien, lors d’un débat public.

Malgré le conflit de 2012 qui a porté un coup dur à la situation socioéconomique, aucune des communautés nomades (Arabe, Touareg) ni la communauté sédentaire ne manifeste de haine envers l’autre. Cependant, des méfiances persistent, par le fait du conflit qui perdure. « Cette initiative nous donne l’opportunité de se regarder dans les yeux, se dire la vérité afin de resserrer nos liens, qui sont notre richesse. Cette richesse mérite d’être revaloriser pour dépasser tout ce que sommes en train de vivre aujourd’hui. Nous remercions la MINUSMA et les autres partenaires qui nous aide à surmonter ces difficultés », a déclaré Boubacar Old Hamadi, Président de l’Autorité Intérimaire de Tombouctou.

Plusieurs débats et conférences ont eu lieu sur différents sites de la région : à l’Auberge du Désert, à la Mairie au Conseil Régional et au Café Jeunesse. Ces débats et conférences ont traité de divers thèmes autour du vivre ensemble : comment faire la promotion du vivre ensemble ; la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel ; la littérature et l’écriture à travers les âges. Ces discussions visent à renforcer l’exercice actif de la citoyenneté des jeunes et leur participation effective à la vie démocratique.

Des représentants de la société civile, des leaders de la jeunesse de Tombouctou et Taoudénit, du Maire de la ville, du Président des Autorités intérimaires de Tombouctou, ainsi que des représentants du staff local de la MINUSMA, ont participé à ces séances d’échanges.

La musique adoucit les mœurs, dit-on. Pendant trois nuits, des activités culturelles se sont tenues au stade municipal. Des troupes théâtrales et des musiciens locaux de Tombouctou, mais aussi d’autres venus de Bamako, tels que Mylemo, Petit Goro et Kader Tarhanin, se sont produits sur scène, en musique ou pour des sketchs, invitant les uns et les autres à l’acceptation mutuelle, à la tolérance et au vivre ensemble, dans l’objectif d’une paix durable.

MINUSMA

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