Tombouctou : LANCEMENT DES ACTIVITÉS ACADÉMIQUES DE L’INSTITUT DES HAUTES ÉTUDES ET DE RECHERCHES ISLAMIQUES

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La cérémonie était présidée par la ministre en charge de la Recherche Scientifique


Arrivée à Tombouctou à bord d’un avion de l’armée de l’air, la ministre de l’Innovation de la Recherche scientifique, Pr. Assétou Founé Samaké Miguan, a lancé officiellement les activités académiques 2018-2019 de l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba (IHERI-AB) ce 23 octobre 2018. Elle était accompagnée de certains membres de son cabinet.  Au cours de cette  brève mission, la délégation a visité certains bâtiments de l’Institut et constaté la conservation des manuscrits anciens.
Devant les hôtes du jour et les invités réunis dans la salle de conférence de l’institut, le directeur général de l’IHERI-AB, Mohamed Diagayaté, après les mots de bienvenu du maire, a fait la genèse du centre devenu aujourd’hui un institut. Il a, ensuite, rappelé que l’événement du jour, à savoir le lancement des activités académiques, est le résultat d’une longue démarche entamée depuis  près de deux décennies avec la relecture en 1999 des textes du Centre de documentation et de recherches Ahmed Baba (CEDRAB), devenu Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou qui comporte désormais un volet enseignement supérieur avec des filières comme l’islamologie, l’histoire, entre autres.
Le directeur de l’Institut a aussi révélé qu’en 2010, dans les perspectives de la décentralisation de l’enseignement supérieur, les autorités ont décidé de la relecture des textes de l’IHERI-ABT. C’est ainsi qu’en  2016, après plusieurs péripéties, les nouveaux textes ont été adoptés. Lesquels mettent un accent sur la formation universitaire  avec la création de  deux sous directions dédiées à l’enseignement et à la recherche.
Ainsi, trois filières de formation en Diplôme Universitaire de Technologie (DUT) furent habilitées en 2017 en métiers du livre  autour des manuscrits à l’intention des bacheliers et des professionnels. Il s’agit de la numérisation et de la gestion électronique  des manuscrits anciens, de la codicologie, de la restauration et de la conservation physique des manuscrits. Mohamed Diagayaté a fait remarquer que déjà  après un appel à candidature pour le recrutement d’étudiants dans ces filières, il y a eu une liste de 32 étudiants recrutés parmi lesquels, 23 se sont inscrits et  attendent avec  impatience  le démarrage des cours.
La ministre de l’Innovation de la Recherche scientifique a  fait un tour d’horizon sur la valeur inestimable des manuscrits, leur rôle et leur place dans l’histoire des hommes et des peuples. «Pour avancer nous devons nous enraciner dans notre passé», a indiqué Pr. Assétou Founé Samaké Miguan, avant de remercier des partenaires comme l’Afrique du Sud, les  experts allemands, français et américains et nos frères du Niger qui ont contribué à mettre un contenu au centre de formation universitaire.
Par ailleurs, la ministre a fait savoir que sa présence à Tombouctou pour lancer les activités académiques de l’institut dénote de l’importance que le président de la République et le gouvernement accordent à la numérisation, au catalogage, à l’exploitation et à la conservation des manuscrits. Elle a  rassuré les populations que l’ouverture de la filière de l’institut est désormais effective. Pr. Assétou Founé Samaké Miguan a affirmé que l’ouverture du volet enseignement supérieur à  l’IHERI-ABT était une priorité des plus hautes autorités du Mali. C ‘est après ces mots que la ministre a déclaré ouvertes les activités académiques 2018-2019 de l’institut.
Cet acte  de la ministre de la Recherche scientifique donne une lueur d’espoir aux bacheliers de medium arabe qui se posaient la question s’ils devaient continuer leurs études pour avoir un diplôme professionnel universitaire. C’est aussi une réponse à la demande de la population de Tombouctou qui accorde une très grande importance à l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba.
La délégation ministérielle a visité le sous-terrain de l’Institut où sont jalousement gardés les manuscrits. Elle a également visité l’ancien local du centre où quelques salles de classe ont été réhabilitées pour recevoir les étudiants. Enfin, la délégation a rendu une visite de courtoisie aux notabilités réunies chez l’imam de la grande mosquée. Des prières et bénédictions ont été faites pour la paix et la stabilité au Mali.
Moulaye SAYAH
AMAP-Tombouctou

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