Trafic illicite des biens culturels : Un phénomène à circonscrire

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«Formation des agents des douanes, de la gendarmerie, de la police des frontières, des musées et bibliothèques de manuscrits à la protection des biens culturels» est le libellé d’un atelier qui s’est tenu du lundi au mercredi dernier, au Musée national du Mali, à l’initiative de l’Unesco, en partenariat avec le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Il s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs intervenant dans la lutte contre le vol et le trafic illicite des biens culturels.

La cérémonie d’ouverture était présidée par la ministre en charge de la Culture, Mme Kadiatou Konaré, en présence du représentant de l’Unesco, Ali Daou. Il est utile de rappeler que le trafic des biens culturels est un vrai casse-tête pour les pays africains qui ont véritablement souffert pendant des décennies de vols mais aussi de pillage dans ce domaine. Les trafiquants de biens culturels spolient notre continent d’éléments expressifs de son évolution dans le temps, voire de son histoire. On se souvient qu’en 2019, la France avait pris la décision historique de restituer à des pays africains leurs biens culturels, dont-ils ont été dépossédés dans le cadre du trafic de ces objets.

La ministre en charge de la Culture a salué l’engagement constant de l’Unesco et de l’Union européenne (UE) pour la réhabilitation du patrimoine culturel et la sauvegarde des manuscrits anciens du Mali. Pour Mme Kadiatou Konaré, cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention Unesco de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert illicites des biens culturels. Il vise à assurer la protection du patrimoine culturel par un meilleur contrôle des biens culturels à l’exploration, amener les agents à connaître les outils de protection du patrimoine culturel, à savoir les textes législatifs et règlementaires au niveau national et les conventions internationales, les procédures de délivrance des autorisations d’exportation, la reconnaissance des types de biens culturels.

Le représentant de l’Unesco a exprimé l’engagement de son institution à accompagner la lutte contre le vol et le pillage des biens culturels. Il a rappelé que la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, a été ratifiée par 140 États dont le Mali (en avril 1987). Ali Daou a aussi indiqué que le vol, le pillage, l’importation et l’exportation illicite de biens culturels sont des pratiques qui touchent en priorité les sites archéologiques, les édifices religieux, les institutions culturelles comme les musées, les bibliothèques de manuscrits anciens, les collections publiques et privées.

Amadou SOW

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