Transition au Mali: Les concertations nationales démarrent samedi

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Toutes les forces vives de la nation sont conviées à prendre part à cette importante rencontre de deux jours qui sera certainement l’occasion de tracer de nouvelles perspectives pour l’avenir de notre pays

Dans un communiqué rendu public hier, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a annoncé que les journées de concertations nationales sur  la gestion de la transition auront lieu les 5 et 6 septembre 2020 au Centre international de conférences de Bamako.

Ces rencontres, précise le communiqué, ont pour objectif de convenir de la feuille de route de la transition, de définir l’architecture et les organes de la Transition et enfin de contribuer à l’élaboration de la charte de la transition.
Prendront part à cette activité, les partis politiques, les organisations de la société civile, le M5-RFP, les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et les mouvements de l’inclusivité, les organisations syndicales, les associations et faîtières de la presse. L’événement est placé sous la haute présidence du colonel Assimi Goïta, président du CNSP.

En effet, depuis lundi, le CNSP multiplie les rencontres afin que ces consultations pour la mise en place de la Transition soient une réussite. Après le M5-RFP, les partis politiques, les organisations de la société civile, le Comité a échangé hier avec les responsables de la Plateforme, de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et ceux des mouvements de l’inclusivité. Ces groupes armés, qui sont les principaux acteurs de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, ont salué la pertinence de cette rencontre qui leur a permis d’esquisser les contours de la transition.

La rencontre, tenue à huis clos au ministère de la Défense et des Anciens combattants, a réuni les responsables de tous les mouvements armés autour du 1er vice-président du CNSP, le colonel Malick Diaw.

Ce dernier rappellera, à l’issue des échanges, le contexte de crise que traverse notre pays et qui impose une conjugaison d’efforts de tous les acteurs et à tous les niveaux. Ainsi, le CNSP a «jugé nécessaire de réunir tous les Maliens autour d’une même table pour trouver des solutions», selon le colonel Malick Diaw. Il précisera que cette rencontre avec les groupes armés s’inscrit dans un «processus d’échanges et surtout de contribution pour une bonne marche de la transition en vue».

Sans s’étendre sur les conclusions de la rencontre, Malick Diaw a expliqué que les points évoqués ont trait à la charte, la feuille de route, l’architecture et les organes de la transition. Aussi, il a été question de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale qui est une «préoccupation majeure pour le CNSP», selon son 1er vice-président.

Tous les groupes signataires de l’Accord étaient représentés à la rencontre d’hier

ENJEUX DE LA TRANSITION- Ce sont des invités visiblement rassurés et confiants en l’avenir qui se sont confiés à la presse. Au nom de la CMA, Mossa Ag Attaher a révélé que l’occasion leur a permis d’indiquer leurs positions sur la transition, plus précisément son architecture, ses organes, sa durée… Cependant, a-t-il précisé, «nous ne sommes pas venus, ici, avec des propositions concrètes». Elles (propositions) seront faites à la faveur d’une rencontre, à Kidal, sur les grands enjeux de la transition. Les responsables du CNSP y sont invités, selon Mossa Ag Attaher qui a ajouté que «ce sera également l’occasion de leur transmettre officiellement les propositions de la CMA».

Par ailleurs, il s’est réjoui des assurances données par le colonel Malick Diaw à propos de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. «Il a dit que le CNSP veillera à ce que l’Accord soit préservé et qu’il soit mis en œuvre», a rapporté Mossa Ag Attaher qui s’est dit également rassuré par les propos tenus par le colonel concernant l’application des conclusions du Dialogue national inclusif.

De son côté, la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 entend jouer pleinement sa partition pour sortir le pays du bourbier. À cet égard, le porte-parole du groupe, Moulaye Ahmed Ould Moulaye, a rassuré le CNSP du soutien et de l’accompagnement de la Plateforme pour une transition réussie. «Nous savons que tout dépendra de la façon dont nous allons agencer, avec l’ensemble des Maliens, cette transition», a-t-il déclaré.

Et sur la question de l’Accord, il a invité le CNSP à tirer toutes les conséquences des difficultés déjà rencontrées dans sa mise en œuvre. Pour lui, il serait utile que les Maliens se retrouvent, dans le format prévu par le DNI, pour «parler de tout ce qu’on doit poser comme acte au nom de cet Accord».

Me Arouna Toureh, porte-parole de la Plateforme des mouvements républicains du 14 juin, indiquera que son groupement a fait part de ses «préoccupations et souhaité que la transition soit nationale, c’est-à-dire que toutes les forces vives puissent y être conviées». Pour lui, le peuple doit être derrière cette transition et prendre en considération les défis qui ont pour noms l’insécurité, l’injustice et la mauvaise gouvernance.

Issa DEMBÉLÉ

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