Tronçon 3è pont -Tour de l’Afrique : Un coup d’accélérateur aux travaux

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Depuis le passage du ministre des Transports et des Infrastructures en octobre dernier, l’entreprise adjudicatrice du marché met les bouchées doubles pour livrer le chantier en février 2021

Le taux de réalisation des travaux d’aménagement en 2×2 voies du tronçon reliant le 3è pont de Bamako à la route nationale n°6 (RN6) d’une longueur de 3,26 km, y compris la construction d’un échangeur et la réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio (6,5 km) était estimé à près de 50% à la date du 22 octobre dernier. Alors que le délai imparti avait été consommé à hauteur de 90%. Le constat amer avait été établi ce jour-là par le ministre des Transports et des Infrastructures, Makan Fily Dabo, juste après sa prise de fonction.

Face à la situation, le ministre Dabo avait demandé à l’entreprise d’avancer sur les travaux. Il s’était, par ailleurs, montré ferme quant au respect du délai contractuel initialement prévu à la fin du mois de février 2021. Prévenant qu’il veillera au respect de cette date, le chef du département avait annoncé des visites inopinées pour s’assurer de l’avancement normal des travaux. Qu’en est-il un mois après le passage du ministre lors duquel le ton utilisé et la méthode avaient été appréciés ? Sur le terrain, on constate que les choses bougent malgré des difficultés. En effet, les travaux de bitumage ont beaucoup évolué en plusieurs endroits. La cadence a été accélérée concernant la réalisation des collecteurs et des «garde-fous». En outre, les travaux pour la construction du viaduc ont débuté. Le terrassement est en cours au niveau de la section allant du 13è arrondissement à Yirimadio.

Partout, les équipes de l’entreprise Razel, chargée de l’exécution des travaux pour un délai initial de 18 mois, sont à la tâche, sous la supervision des agents de la mission de contrôle confiée au bureau d’études CIRA. Ibrahim Ouane, un des agents de contrôle, fait des allers-retours entre les différentes sections du projet. «Actuellement, les travaux avancent normalement. L’occupation des emprises par les réseaux des concessionnaires (EDM-SA, Somapep-SA, Orange Mali, Malitel, SMTD) et certaines propriétés privées retardaient les travaux. Certaines emprises ont été libérées, d’autres non», explique-t-il.
Cette remobilisation de la troupe est appréciée par la population riveraine et d’autres usagers. Alassane Touré habite Niamana ATT-bougou.

Il emprunte cette voie tous les jours pour se rendre au travail. Au volant de sa voiture, cet usager confirme que les travaux progressent à un rythme appréciable. «Depuis quelques jours, nous avons constaté que les choses commençaient à bouger. L’entreprise se donne à fond. Nous avons reçu les échos selon lesquels la visite surprise du ministre aurait donné un coup d’accélérateur aux travaux», confie notre interlocuteur.

Yaya Bagayoko fait le même constat. De l’avis de cet habitant de Missabougou (Commune VI), l’entreprise en charge des travaux a mis les bouchées doubles et les ouvriers sont de plus en plus actifs.
«Ces derniers temps, ils travaillent de nuit comme de jour (y compris les dimanches) sur le chantier du viaduc (passerelle) au niveau du marché de Yirimadio, à la descente du 3è pont», observe-t-il. Harouna Doumbia, qui habite Yirimadio, abonde dans le même sens.

Rencontré à l’entrée du marché de ce quartier, il confirme que les travaux de construction du viaduc et du tronçon passant devant le marché de Yirimadio ont bel et bien commencé. Libération de l’emprise- Ces avancées remarquables sont confirmées par le directeur national des routes. «Certains riverains qui ont compris l’intérêt du projet pour eux et pour la population, ont commencé à libérer l’emprise en attendant leur indemnisation.

Le tronçon qui posait des problèmes commençait à partir du viaduc où l’entreprise a également débuté les travaux», explique Abdoulaye Daou, rencontré à son bureau à Darsalam. Ici, l’entreprise travaille en demi-chaussé, c’est-à-dire tout le trafic est basculé sur le côté gauche en allant à Ségou, en attendant de terminer les travaux sur l’autre côté. Cette situation temporaire crée parfois des tensions entre usagers et policiers au niveau de l’entrée du marché. «Nous savons que c’est contraignant, mais nous demandons leur indulgence, le temps de finir les travaux», plaide le responsable.

Toutefois, des difficultés persistent, à en croire le directeur national des routes. «Il y a eu des avancées, mais on n’en a pas fini avec les concessionnaires. Nous remarquons que la plupart n’ont pas un plan de récolement de leurs installations souterraines. Souvent nous tombons sur des installations : fibres optiques, conduites d’eau. Cela démontre qu’ils ne maîtrisent pas leurs réseaux», déplore Abdoulaye Daou. Il invite les concessionnaires à mettre leurs plans de réseaux à la disposition de la direction nationale des routes afin d’éviter des surprises désagréables qui retardent l’exécution des travaux routiers. Cependant, certains concessionnaires se portent en faux contre les accusations signalées en haut. «Depuis le montage de ce projet, l’entreprise savait bien qu’il y aurait des installations des concessionnaires dans l’emprise et que le déplacement de ces installations était à sa charge.

Donc sachant que le coût de ce déplacement est élevé, l’entreprise Razel veut rejeter la faute du retard des travaux sur les concessionnaires», indique-t-on au niveau de la Société malienne de patrimoine de l’eau potable (Somapep). «Nous avons commencé à déplacer nos installations qui étaient dans l’emprise du projet avant même le début des travaux. Il ne reste que 500 mètres, et le blocage à ce niveau incombe à l’entreprise Razel qui refuse de nous montrer le niveau zéro de canalisation au niveau du virage de Wara», confie Dougnon Keneko Albert, responsable de la communication de la SMTD.
Moussa Sacko, directeur de la communication institutionnelle d’Orange Mali, que nous avons joint au téléphone, fait savoir que son entreprise n’a aucune installation à ce jour dans les emprises de ce projet. Nos tentatives pour recueillir la réaction de l’EDM-SA ont été vaines.

Babba B. COULIBALY

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