Tronçon Yirimadio-Niamana : Le calvaire des usagers

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Les bouchons monstres sont principalement dus au mauvais état de cette voie. Une perte de temps énorme et des dépenses supplémentaires pour les usagers

Les bouchons monstres sont principalement dus au mauvais état de cette voie. Une perte de temps énorme et des dépenses supplémentaires pour les usagers

La Route nationale 6 est l’un des principaux axes de transport de notre pays. Elle relie Bamako à Sévaré (Mopti) en passant par plusieurs villes principales et secondaires. Faisant d’elle l’une des voies les plus fréquentées. Dans la capitale, cette route est, depuis un moment, devenu un cauchemar pour les usagers à cause de son état très dégradé. Le calvaire des usagers commence au niveau du Commissariat du 13è arrondissement jusqu’au tournant dit «Wara ka Sira fara».
La saison des pluies n’arrange rien à la situation. Avec les pluies incessantes de ces derniers temps, des gros nids de poule, des flaques d’eau stagnantes se sont formés sur la chaussée. Conséquence : la circulation des véhicules et des motos est devenu un enfer. Certains endroits du tronçon ressemblent à des cratères géants dans lesquels les engins viennent s’engouffrer avant de s’immobiliser, le temps de trouver l’équilibre nécessaire pour pouvoir remonter. Les petites voitures, elles, sont obligées de se rabattre sur la piste des piétons au risque de les tamponner. C’est ce constat désolant auquel nous avons assisté lundi 10 juillet 2020.
Visiblement, des usagers peinent à contenir leur colère. Certains ne peuvent s’empêcher de proférer des injures grossières à l’encontre des automobilistes imprudents qui, par peur d’affronter les gros nids de poule, coincent les motocyclistes ou les piétons. Des situations qui provoquent des rixes.
Le mauvais état de cette route est à l’origine des bouchons monstres qu’on constate maintenant. Il a fallu 1h35 minutes à notre équipe de reportage pour voir le bout du tunnel. L’attente est souvent très longue, obligeant certains usagers à tenter des manœuvres impossibles. «Circuler sur cette route maintenant est devenu un vrai parcours du combattant. Il faut mettre souvent des heures pour parcourir un trajet que l’on pouvait faire en moins de 10 minutes. Je n’ai pas envie de sortir quand je pense au calvaire que les conducteurs endurent. J’entends souvent toutes sortes d’injures entre usagers», témoigne Adama Sangaré, commerçant grossiste au marché de Yirimadio.
Aminata Traoré a aussi la peur au ventre chaque fois qu’elle doit emprunter cette route. «Oh bon Dieu ! Que c’est dur», s’exclame cette jeune célibataire, qui emprunte ce tronçon tous les jours. La vingtaine révolue, elle confie qu’elle met plus d’une heure dans les bouchons avant d’arriver à destination.
Moustaph Samaké est chauffeur de muni-bus (Sotrama) sur l’axe Niamana-Rail-Da. Pour ce sexagénaire, qui court après sa recette quotidienne, chaque minute qui passe est un manque à gagner. Notre chauffeur de Sotrama a visiblement du mal à supporter les embouteillages qui augmentent son budget de carburant. «Pressés, certains clients préfèrent descendre du véhicule pour continuer le trajet à pieds. Cette situation est due à l’état de la route et non à moi», déplore le conducteur. Il demande aux autorités routières de penser à la réparation de cette voie pour le plus grand bonheur des usagers.
«On en a marre. Il ne se passe pas un seul jour où des voitures ou des motos subissent des dommages sur ce chemin. Il est temps pour nous les riverains de s’associer pour trouver les voies et moyens devant permettre de refaire cette route qui devient un cauchemar pour nous», peste Oumar Doumbia, vendeur de pièces détachées en face de «Wara ka Sira Fara».
Son collègue Amadou Dembelé déplore les pertes de profits pour son commerce. «Les eaux de pluies ont inondé la devanture de ma boutique. Personne n’a envie de s’arrêter pour acheter. La situation est devenue pénible pour moi», se lamente le commerçant.
Comme on le dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le mécanicien Cheick Dembélé, dont le garage se trouve à côté de l’hôtel Onomo, se frotte bien les mains maintenant. «Nous réparons chaque jour cinq ou six voitures qui viennent pour des problèmes de rotules ou d’amortisseurs dus très souvent au mauvais état des routes», dit-il. Le prix de ces pièces varie entre 10.000 et 30.000 Fcfa, ajoute-t-il, tout en avouant que la période est profitable aux mécaniciens.
Cette situation risque de durer encore longtemps. Car, ce tronçon ne figure pas sur la liste des routes retenues pour le Programme d’entretien routier au titre de l’année 2020. En Commune V et VI, les voies prévues sont la RN7 (Pont des Martyrs-Daoudabougou et Avenue de l’OUA-Daoudabougou-Tour de l’Afrique). Dans tout le district de Bamako, un linéaire total de 33,62 km doit être entretenu pour un coût global de 400 millions de Fcfa financés par le Fonds d’entretien routier.
Contacté, un conseiller technique de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute) estime que cet axe, sujet de notre enquête, est inclu dans le contrat aménagement en 2×2 voies du tronçon reliant le 3è pont de Bamako à la RN6-Tour de l’Afrique. Interrogé sur place, un responsable de l’entreprise Razel Mali, en charge de ces travaux, précise que ce tronçon de la RN6 n’est pas concerné par les travaux en cours.
Sur le site Internet de Razel Mali, il est précisé que le chantier consiste en l’aménagement en 2×2 voies du tronçon reliant le 3è pont de Bamako à la RN 6 (3,260 km), y compris la construction d’un échangeur au croisement de la RN6 et la réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio de la RN6 (6,5 km).

Fadi CISSE

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