Uemoa : Plus de 5.000 milliards de FCFA pour faire face aux impacts du COVID-19

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La Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union, réunie lundi en visioconférence, a évalué à plus de 5.284 milliards de Fcfa les ressources financières nécessaires aux États pour faire face aux besoins en équipements sanitaires, assurer une mise en œuvre effective des mesures sociales et relancer l’activité économique. Tenue sous la présidence de son président en exercice, le président ivoirien, Alassane Ouattara, cette session extraordinaire virtuelle a enregistré la participation de plusieurs chefs d’Etat, notamment le président Ibrahim Boubacar Keïta.
Actualité oblige, les travaux se sont principalement penchés sur la grave crise sanitaire qui sévit dans les pays de l’Union, du fait de la pandémie à coronavirus (Covid-19).
À cet effet, la conférence a salué la vigueur des réactions des États membres dès le déclenchement de l’épidémie et les efforts qu’ils continuent de déployer pour mettre en œuvre des plans de riposte destinés à faire face à la progression de la maladie. Cela, afin de protéger les populations les plus vulnérables et à limiter l’impact de la pandémie. Elle les a exhortés à poursuivre la sensibilisation des populations au strict respect des mesures de prévention.

Par ailleurs, la Conférence a félicité le Conseil des ministres et les institutions de l’Union pour les décisions et les mesures prises à l’issue de sa session extraordinaire du 20 mars 2020, en vue de contribuer au financement des plans de riposte nationaux. Elle s’est réjouie particulièrement de l’octroi de prêts concessionnels au profit des États, à hauteur de 120 milliards de Fcfa, par l’affectation, par la BCEAO et la Commission de l’Uemoa, de 40 milliards au Fonds de bonification de la BOAD. Sans oublier la couverture par la BCEAO des besoins de liquidité exprimés par les banques.

Le président Keïta (c) avec Dr Boubou Cissé et Tiébilé Dramé

De l’analyse de la situation par la Conférence, il ressort qu’à l’instar des autres pays, la pandémie a affecté profondément les économies des États membres. Ainsi, en 2020, la situation macroéconomique de l’Union connaîtrait une dégradation sensible avec notamment un taux de croissance moyen qui ressortirait à 2,7%, soit une réduction de près de 4% par rapport à la prévision initiale qui avait été estimée à 6,6%. Pour minimiser les dégâts, les chefs d’État et de gouvernement ont encouragé les États membres à mettre rapidement en œuvre les mesures de stabilisation puis de relance des économies.

Dans ce contexte, la Conférence a évalué les ressources financières nécessaires aux États pour faire face aux besoins en équipements sanitaires, assurer une mise en œuvre effective des mesures sociales et relancer l’activité économique. L’évaluation de ces besoins s’élève à 5.284,9 milliards de Fcfa CFA. Il en résulterait, prévoit la Conférence, une aggravation du déficit budgétaire dons compris pour représenter 5,5% du PIB contre 2,7% initialement prévu.

Dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19, la Conférence a soutenu l’initiative de l’Union africaine relative à la dette des pays africains, notamment les facilités accordées par les partenaires techniques et financiers, sous l’égide du G20. Avant d’exprimer sa vive préoccupation face à l’escalade continue des actes terroristes et de banditisme contre les pays de l’Union.

Par ailleurs, la Conférence a décidé de prendre les mesures ci-après et invite les États membres ainsi que les institutions communautaires à les mettre œuvre. Il s’agit, entre autres, de l’instauration, dans le cadre communautaire, d’une plus grande collaboration dans la prise des mesures sanitaires relatives à la gestion des frontières intérieures et extérieures de l’Union. Elle a aussi instruit la prise, avec célérité, de toutes les mesures qui s’avèreraient nécessaires pour réduire l’impact de la pandémie sur nos populations et soutenir l’économie pendant et après la crise.

Synthèse
Aminata Dindi
SISSOKO

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