Une bouffée d’oxygène

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Aujourd’hui, les trois premières priorités du gouvernement consistent à gagner le combat contre le Covid-19. Une lutte qu’il faut gagner impérativement pour sauver ce qui peut l’être afin de minimiser les conséquences sociales et économiques de cette crise sanitaire. Un des moyens de lutte contre ce marasme économique, c’est d’injecter des liquidités dans l’économie nationale afin d’aider les entreprises à faire face à cette situation inédite.

En effet, les mesures préventives prises pour y faire face ont plombé les fragiles acquis d’une économie déjà affaiblie par la crise sécuritaire et les revendications sociales récurrentes. Conséquences ? Les entreprises voient leurs chiffres d’affaire dégringoler jour après jour. Tous les secteurs d’activités, tous les pans de l’économie sont touchés par la crise qui sévit dans notre pays. L’hôtellerie, le tourisme, les banques, la santé, l’industrie, le transport, etc., tous les secteurs sont sinistrés. Le Conseil national du patronat du Mali (CNMP) estime à au moins 50% le niveau des pertes pour les entreprises. Alors si rien n’est fait et vite, ce serait 50% de leurs employés qui se retrouveront en chômage.

Le souci des acteurs économiques de voir les pouvoirs publics prendre des mesures pour leur apporter des appuis, avait été déjà pris en compte par le chef de l’État. S’adressant le 10 avril dernier à la Nation pour la troisième fois, soit moins de 20 jours après l’apparition de la maladie le 23 mars dans notre pays, Ibrahim Boubacar Keïta avait annoncé l’apurement de « l’ensemble de la dette intérieure due au 31 décembre 2019 et le paiement des mandats au titre de l’exercice 2020 à hauteur de 100 milliards de Fcfa ».

Près d’un mois après cette annonce du président Keïta, les entreprises locales et autres particuliers à qui l’État doit de l’argent s’impatientaient. Nul besoin de rappeler que l’argent est ce qui manque le plus actuellement aux États, surtout un pays en guerre comme le Mali où seul le tiers du territoire contribue à l’économie nationale. Mais qu’à cela ne tienne !

Le gouvernement « n’a qu’un agenda : le bonheur et le confort de notre peuple, qui sait l’enjeu, l’extrême gravité de ce moment ». C’est pourquoi, il promet d’agir dès cette semaine. « L’apurement de la dette intérieure dont le montant s’élève à plus de 110 milliards de nos francs, commencera à partir de cette semaine, les mandats de 2019 s’élevant à un peu moins de 66 milliards Fcfa, contre près de 45 milliards pour ceux admis du 1er janvier au 30 avril 2020.

Cela permettra d’améliorer la trésorerie de nos entreprises, en plus des autres mesures de soutien à l’activité économique », a annoncé le Premier ministre, Dr. Boubou Cissé, dans son allocution du 9 mai, suite au Conseil de défense nationale sur le Covid-19. Une annonce qui sonne comme une bouffée d’oxygène, surtout en cette veille de fête de Ramadan.

Cheick M. TRAORÉ

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