Union africaine : Les priorités du nouveau président

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Le 33è sommet a désigné le président sud-africain à la tête de l’organisation panafricaine. Cyril Ramaphosa entend donner une nouvelle impulsion à la Zone de libre échange continental africaine, à la promotion des femmes et surtout accentuer la lutte contre le terrorisme

Paix, sécurité, lutte contre le terrorisme, mise en œuvre de la Zlec, situation au Sahel et en Libye, inclusion financière et économique des femmes… les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) ont passé au peigne fin ces divers sujets lors du 33è sommet à Addis-Abeba en Éthiopie. La rencontre était placée sous le thème : «Faire taire les armes : créer des conditions propices au développement de l’Afrique».
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris part à cette conférence marquée par la désignation du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à la tête de l’Union africaine en remplacement du chef de l’État égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi. Le président Keïta a été élu 2è vice-président de l’organisation panafricaine.
Après sa prise de fonction, le tout nouveau président de l’UA a dit sa détermination à mener à bien sa mission. «Nous sommes conscients du poids de la mission. Le plus important étant de mettre les riches ressources de notre continent au service du bien-être des peuples africains. Il est de notre responsabilité que notre richesse ne soit pas notre pauvreté», a laissé entendre M. Ramaphosa.
Pour le président sud-africain, la Zone de libre échange continental africaine (Zlec) doit contribuer à la promotion des produits typiquement africains et transformés par nos industries. Il a exhorté à œuvrer pour l’inclusion financière et économique de la femme africaine. En la matière, l’agenda 2063 de l’UA appelle à allouer au moins 25% des marchés publics aux femmes ou aux entreprises détenues par les femmes, contre 1% actuellement. Pour le président Ramaphosa, les femmes méritent au moins 50% de participation aux prises de décisions.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa

DÉFICIT DE SOLIDARITÉ- En outre, le nouveau président de l’UA a annoncé l’organisation d’un forum sur l’intelligence artificielle et fera appel à la diaspora africaine à cet effet. Cette rencontre se tiendra en marge d’un sommet extraordinaire prévu en mai prochain en Afrique du Sud sur le thème : «Faire taire les armes». Une rencontre nécessaire, selon le président Ramaphosa, quand on sait que le terrorisme fait beaucoup de mal au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et même en Afrique australe. «Faisons taire les armes, que nos armes soient des armes de progrès, de prospérité. Notre passé est glorieux et notre avenir le sera également», a prédit le président de l’UA, avant de saluer chaleureusement son prédécesseur pour le travail abattu.
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le déficit de solidarité africaine est déconcertant, a estimé le président de la Commission de l’Union africaine. Ce qui constitue, selon Moussa Faki Mahamat, l’une des grandes fragilités de nos systèmes de défense et de résilience. Tout en renouvelant la solidarité envers la Chine, confrontée au Coronavirus, il a appelé à soutenir les efforts en faveur de la jeunesse pour la prévenir du risque périlleux de prendre la mer ou de pactiser avec les terroristes.
Pour une résolution efficace des crises au Sahel et en Libye, le secrétaire général des Nations unies s’est réjoui de l’établissement, samedi, d’un nouveau cadre de partenariat entre l’ONU et l’UA. «Nous avons de plus en plus besoin d’opérations d’imposition de la paix soutenues par les Nations unies et dirigées par l’Afrique. Il en est de même pour le Sahel», a préconisé António Guterres.
Actrice et interlocutrice incontournable dans la résolution de la crise au Sahel, notamment au Mali, l’Algérie entend impulser une nouvelle dynamique dans sa relation avec nos pays.
Pour ce faire, son nouveau président s’est engagé à participer à la levée des blocages qui entravent l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.
L’Algérie entend jouer aussi un rôle dans le règlement de la crise libyenne. Abdelmadjid Tebboune a aussi annoncé la mise place d’une Agence algérienne pour la coopération et le développement pour soutenir les pays voisins, notamment ceux du Sahel.

C. M. T.

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