Violence sexuelle en temps de conflit : Briser le silence pour endiguer le fléau

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Depuis cinq ans, le 19 juin 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution instaurant le 19 juin « Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit ». L’objectif de la commémoration d’une telle journée résume d’abord à la sensibilisation de l’opinion sur la problématique des violences sexuelles qui sont souvent invisibles. La journée sert aussi à la manifestation d’un élan de solidarité envers les victimes et à rendre hommage aux acteurs qui luttent au quotidien pour leur cause.

Selon les Nations Unies, l’expression « violences sexuelles liées aux conflits » désigne plusieurs types d’actes. Il s’agit des agissements tels que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, l’avortement forcé, la stérilisation forcée, le mariage forcé, ainsi que toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons et ayant un lien direct ou indirect avec un conflit. L’expression recouvre également, toujours selon les critères onusiens, la traite des personnes à des fins de violences sexuelles ou d’exploitation sexuelle en temps de conflit.

Un rapport du Secrétaire général des Nations Unies nies, dédié à la question et publié en mars 2019, tirait la sonnette d’alarme sur la question. L’ONU indique avoir observé des cas violences sexuelles liées à des conflits dans 19 pays pour lesquels des informations ont été jugées crédibles et vérifiables. En effet, dans beaucoup de pays en situation de conflits, les données relatives à ce type d’agissement sont difficilement disponibles ou vérifiables. Parmi les pays pointés par le rapport de l’ONU en 2019 figurent, entre autres, l’Afghanistan, la République centrafricaine, la Colombie, la République Démocratique du Congo, encore la Libye.

Le Mali n’est malheureusement pas en reste dans cette étude de l’organisation des Nations Unies pointant ces atrocités. Elle révèle que certains groupes armées et mouvements terroristes se sont rendus coupables de violences sexuelles.

En 2018, la MINUSMA a signalé des cas de violences sexuelles vérifiées commises par des groupes armées non étatiques à Ménaka, mais aussi dans d’autres régions telles que Mopti, Kidal, Tombouctou et Gao. « Sur 22 incidents signalés (2 viols et 20 viols collectifs), 12 sont survenus à Gao, 5 à Mopti, 4 à Tombouctou et 1 à Ménaka. Les survivants comprenaient 13 femmes et 9 filles », précise les données recueillies par la mission onusienne.

La question mérite d’être évoquée dans notre pays.
En 2017 déjà, la Croix-rouge attirait l’attention sur la situation inquiétante au Mali, indiquant que les Violences Basées sur le Genre (VBG) y compris les violences sexuelles ont connu une augmentation de 33 % entre 2016 et 2017. D’où la nécessité d’une implication de tous, notamment en termes de sensibilisation et de justice pour les victimes afin d’endiguer le phénomène.

M.TOURÉ

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