Violences faites aux femmes et aux filles : Bientôt une loi contre la pratique

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Pour le premier semestre de cette année, 2.767 cas de VBG ont été recensés au Mali

Les «16 jours d’activisme» qui s’étendaient sur la période du 25 novembre au 10 décembre 2019 ont pris fin. C’est dans ce cadre que le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, en partenariat avec le Projet justice, prévention, réconciliation (Juprec) a organisé, lundi dernier, une session de plaidoyer de haut niveau sur l’avant-projet de loi contre les Violences basées sur le genre (VBG) dans les locaux du département.
La cérémonie était présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Dr Diakité Aïssata Kassa Traoré, en présence du président de la Commission de la promotion de la femme à l’Assemblée nationale, Moussa Diarra, de la représentante de Juprec, Mme Maïga Aminata Maïga et de la directrice du Programme nationale pour l’abandon des violences basées sur le genre (PNVBG), Dr Keïta Fadima Tall.
Mme la ministre a expliqué que les VBG constituent l’une des formes de violations, les plus graves des droits fondamentaux et les plus fréquentes dans le monde. Elles ne connaissent pas de frontières, et représentent un obstacle au développement économique, social et culturel du pays, a-t-elle ajouté. Selon la ministre, le Mali est le 5è pays africain avec le taux de prévalence de mutilations génitales féminines/excision le plus élevé. Depuis l’âge de 15 ans, près de quatre femmes sur dix, soit 38% ont subi des violences physiques, a annoncé Dr Diakité Aïssata Kassa Traoré.

À l’en croire, ces violences sont principalement exercées par les maris ou partenaires actuels dans 65% des cas. Pour le premier semestre de cette année, les statistiques font froid dans le dos. Le nombre de cas de violences basées sur le genre rapportés et pris en charge s’élève à 2.767, dont 20% d’agressions sexuelles, 17% de viols, 24% de violences physiques, 8% de mariages forcés, 17% de violences émotionnelles et 14% de dénis de ressources, a expliqué Aïssata Kassa.
Le député Moussa Diarra a rappelé la nécessité d’aller à l’adoption d’une loi. Pour lui, avec la recrudescence des violences, seule une loi peut atténuer le phénomène. Il a rassuré que l’Assemblée nationale est engagée pour la cause et attend impatiemment que cet avant-projet soit sur sa table. Mme Maïga Aminata Maïga a fait entendre que cette rencontre vise à mobiliser et sensibiliser les alliés stratégiques en faveur de l’adoption d’une loi contre les VBG.
Quant à la responsable du PNVB, elle a expliqué le contenu du texte de l’avant-projet de loi. Il est constitué de 6 chapitres et de 119 articles, a fait savoir Dr Keïta Fadima Tall.

Yaya DIAKITÉ

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