Zlec, un pas de géant franchi

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La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), lancée en juillet dernier au Niger, semble prête à amorcer sa phase active. En attendant son entrée en vigueur prochaine prévue pour juillet 2020, ce projet considéré comme un vecteur incontournable de transformation structurelle et de compétitivité de nos économie, a enregistré des progrès, constate le premier rapport continental sur l’état de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 : «L’Afrique que nous voulons ».
À rappeler que ce projet vise à créer une Zone de libre-échange axée sur le peuple et le développement, qui va au-delà de la libéralisation des tarifs douaniers pour accroître les choix des Africains. Il entend aussi favoriser une zone de libre-échange qui permettra à l’Afrique de relever des défis importants, notamment le chômage des jeunes, la migration, le développement des compétences, l’autonomisation des femmes, l’industrialisation et les infrastructures. Cela, en renforçant les relations commerciales et d’investissement, libérant ainsi son potentiel commercial, y compris dans les services.
Conformément à ces objectifs, le rapport rendu public en marge du 33è sommet de l’Union africaine relève  que des progrès remarquables ont été réalisés, tant sur le plan technique qu’institutionnel. En effet, l’accord établissant la Zlec, adopté en mars 2018 avec des protocoles sur le commerce des marchandises, est entré en vigueur le 30 mai 2019.
54 États membres de l’UA l’ont signé, 27 d’entre eux l’ont ratifié et déposé leurs instruments de ratification. Sa phase opérationnelle a été lancée en juillet 2019 avec les instruments suivants : le portail en ligne de la Zlec sur le commerce des marchandises où les États membres téléchargeront leurs offres tarifaires initiales; le Système panafricain de paiement et de règlement numérique; le tableau de bord de l’Observatoire du commerce de l’UA etc.
Le marché devrait être actif sous le régime de la Zlec à partir du 1er juillet 2020. Pour ce faire, un secrétariat intérimaire de la Zlec a été mis en place à la Commission de l’Union africaine (CUA). Le secrétariat permanent sera hébergé au Ghana.
En dépit de ces avancées, les ressources financières et humaines mises à disposition sont considérées comme insuffisantes pour mener à bien les négociations sur les enjeux de la phase I ainsi que pour entamer la phase II, déplorent les rapporteurs du président ivoirien, Alassane Ouattara, Champion de l’UA sur l’Agenda 2063. Aussi, mettent-ils en garde certains États membres et partenaires qui négocient déjà des accords bilatéraux de commerce et d’investissement avec des tiers. «Ce qui est contraire à l’esprit de la Décision de Nouakchott et risque de compromettre la Zlec», alerte le document.
Toutefois, assure le rapport, des mécanismes souples de mobilisation des ressources seront mis en place pour assurer la bonne mise en œuvre de la Zlec. Des dispositions seront également prises pour sensibiliser les parties prenantes et approfondir leur compréhension de la Zlec et de ses avantages.
Cheick M. TRAORÉ

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